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Au-delà des frontières

C’est une centaine de jeunes motivés par le changement qui ont arpenté les couloirs de l’Université de la Suisse italienne. © Università della Svizzera italiana
C’est une centaine de jeunes motivés par le changement qui ont arpenté les couloirs de l’Université de la Suisse italienne. © Università della Svizzera italiana
02.09.2019

Originaires d’une trentaine de pays, une centaine de jeunes ont participé fin août au Middle East Mediterranean Summer Summit organisé à Lugano

Margot Knechtle

Lugano » «On n’est pas tous du même avis», admet Wassim Ghozlani. «Si tous avaient les mêmes idées pour résoudre les conflits, on aurait pu rester chez nous.» Le directeur de la Maison de l’Image en Tunisie, 33 ans, participe comme une centaine d’autres jeunes au Middle East Mediterranean Summer Summit (MEM) 2019 à Lugano, hébergé du 15 au 25 août par l’Université de la Suisse italienne (USI).

L’idée, lancée conjointement par le spécialiste de l’islam Gilles Kepel, le recteur de l’USI Boas Erez et Wolfgang Amadeus Brülhart, ancien chef de la Division Moyen-Orient et Afrique du Nord du DFAE, est de rassembler des gens du Moyen-Orient et de la Méditerranée, de les laisser présenter leurs projets et proposer des solutions pour favoriser le dialogue et le développement dans la région. «Il est important de donner la parole aux jeunes, d’avoir un dialogue intergénérationnel», préconise Frederica Frediani, responsable du contenu et de la partie académique du MEM. «Il faut se mettre à l’écoute plutôt que de tenter de convaincre.»

Pour atteindre ses objectifs, le MEM fait se rencontrer des jeunes âgés entre 25 et 35 ans au travers de séances plénières et d’ateliers. «Ce sont des moments d’approfondissement où tous peuvent développer leurs idées», appuie Frederica Frediani. On y aborde entre autres les thèmes des médias et du tourisme. «Aujourd’hui, on voulait montrer l’art comme un point de rencontre entre les cultures», témoigne Tannaz Najafi, 22 ans, volontaire au MEM. «Les pays arabes et d’Afrique du Nord partagent les mêmes défis et enjeux», concède Wassim Ghozlani. «Un lieu comme celui-ci est intéressant pour profiter des expériences des uns et des autres.»

Des espoirs communs

Tous les participants ont des ambitions similaires. «J’aimerais pouvoir échanger et rencontrer d’autres acteurs du changement», espère Tannaz Najafi. «Il faudrait surtout garder un contact après le MEM», continue la Suissesse d’origine iranienne. Il en est de même pour l’organisatrice Frederica Frediani, dont les espérances confirment les attentes des participants. «Globalement, on a une vision simpliste de la réalité. Nous voulons montrer que nous sommes ouverts à différents points de vue et prêts à les entendre.»

Le sommet n’est pas que rythmé de discussions entre les jeunes. Wassim Ghozlani confirme: «On peut confronter nos avis avec ceux de personnes plus âgées et expérimentées.» Et si ces rencontres ne permettent pas forcément aux jeunes de se faire entendre des gouvernements, elles permettent l’échange d’informations avec les personnes plus éminentes du sommet telles que le conseiller fédéral Ignazio Cassis ou Marco Borradori, syndic de Lugano. «Le sommet aura créé des amitiés et des collaborations professionnelles de la Jordanie à la Syrie. C’est un excellent point de départ», se réjouit Tannaz Najafi.

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