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Dans les rues et dans l’arène pour les élections fédérales

Le professeur Pascal Sciarini. © Louis Rossier
Le professeur Pascal Sciarini. © Louis Rossier
16.09.2019

Analyse » Les candidatures de jeunes qu’on a davantage l’habitude de voir manifester dans la rue pour le climat ont de quoi étonner. Le professeur Pascal Sciarini, du Département de sciences politiques de l’Université de Genève, décrypte le phénomène.

Comment faut-il lire la présence de jeunes – certains ont moins de 25 ans! – sur les listes électorales?

Pascal Sciarini: Du point de vue des partis, il s’agit de toucher différents publics. Ils tentent de s’adresser avec la même conviction aux seniors, aux jeunes, aux femmes, etc., afin de mobiliser au mieux leur électorat. Si on renverse la perspective, pour ces jeunes qui s’engagent, même sans être élus, ça permet de se faire connaître au sein du parti et ça représente une première expérience de campagne.

Entre nous, font-ils sérieusement campagne?

Je ne pense pas qu’ils vont rester les bras ballants pendant les six semaines qui précèdent le 20 octobre, non. Après, certains le feront avec plus d’assiduité que d’autres. Ils se frottent de toute manière au métier. Certains politiciens, comme le conseiller d’Etat Antonio Hodgers à Genève, ont commencé très tôt à s’engager.

Est-ce que l’ampleur des mouvements en faveur du climat est le signe d’une politisation moins institutionnalisée des jeunes?

C’est ce qu’on dit, et en effet, le succès des grèves pour le climat pousse dans cette direction. Mais je vous avoue être un peu circonspect, j’ai l’impression que le même discours est servi depuis 30 ans. On a d’ailleurs constaté que ce sont souvent les mêmes qui s’engagent à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de l’arène institutionnelle – l’un n’exclut pas nécessairement l’autre.

Exagère-t-on l’importance de ces mobilisations? Elles ont attiré des jeunes qu’on croyait complètement dépolitisés…

Il faudra voir dans les urnes si elles se traduisent par une participation plus élevée que d’ordinaire. Toutefois, si le taux, lors des dernières élections, était de 30% auprès des 18-24 ans, je ne m’attends pas à ce qu’il grimpe à 40%. Mais même une hausse vers 34 ou 35% serait susceptible de faire pencher la balance. On l’a constaté lors des élections européennes. Louis Rossier

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