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Directeur à 22 ans

Fondée par Matthias Kainz, l’entreprise Autocoseller se place en intermédiaire lors de ventes de véhicules entre particuliers. © Adrien Perritaz
Fondée par Matthias Kainz, l’entreprise Autocoseller se place en intermédiaire lors de ventes de véhicules entre particuliers. © Adrien Perritaz
04.11.2019

Matthias Kainz, 24 ans, a surmonté le deuil de son père grâce à son entreprise de vente automobile

Mélodie Rossier

Entrepreneuriat » C’est avec entrain que Matthias Kainz, 24 ans, reçoit la Page Jeunes dans les locaux d’Autocoseller à Marly. Dans les bureaux de l’entreprise, l’ambiance est studieuse. Avec sincérité, le jeune entrepreneur livre son histoire de vie, un parcours sinueux qui l’a mené à fonder sa propre entreprise à l’âge de 21 ans. «J’étais très dissipé à l’école», confie Matthias. «Mes notes étaient mauvaises et je m’impliquais peu.» Il poursuit: «Après le CO, j’ai commencé deux apprentissages sans les mener à bout. A vrai dire, j’avais toujours eu envie de travailler dans le secteur de la vente.»

Possédant déjà des notions de mécanique, une passion partagée avec son père, Matthias trouve finalement une place d’apprentissage chez Pneu Egger. Il se met alors à travailler pour la première fois: «Après ces échecs répétés, quelque chose a changé en moi. Je me suis mis la pression», raconte l’entrepreneur. A tel point qu’en 2016, ce dernier est nommé meilleur apprenti de sa branche par le canton de Fribourg. Parallèlement à cette formation, Matthias aide des connaissances à vendre leurs voitures. Grisé par sa réussite, le jeune apprenti décide de renouer avec son premier amour: la vente. Il s’engage dès lors au sein d’un nouvel apprentissage, cette fois-ci auprès de Mediamarkt.

Changement de vie

En juillet 2017, la vie de Matthias prend un tournant qu’il considère comme le déclencheur de sa situation actuelle. Son père, souffrant de dépression, met fin à ses jours. «Quand on l’a appris, c’était le choc», se rappelle Matthias. «Tout s’est enchaîné. En quelques semaines, ma mère, mon frère et moi avons déménagé et recommencé une nouvelle vie.» Le jeune homme avoue s’être réfugié dans le travail pour surmonter la peine. Encouragé par sa mère et sa copine, il développe son idée de vente automobile et trouve petit à petit des clients, tout en poursuivant son apprentissage de vendeur. «Avec Youtube, on peut tout faire», sourit Matthias qui dit avoir passé de longues nuits à apprendre sur le tas des notions de comptabilité et de codage internet.

La création d’Autocoseller prenant de plus en plus de temps à Matthias, son employeur lui demande de choisir entre sa formation et son entreprise. «Ma santé était en danger, je travaillais énormément. J’avais perdu beaucoup de poids», se remémore le jeune homme. Malgré ses excellentes notes d’apprenti, ce dernier décide de se mettre à son propre compte. «Je gardais à l’esprit la progression de mes notes au cours de mes études. Je voulais faire pareil pour mon entreprise», explique-t-il.

Aujourd’hui, le jeune entrepreneur a engagé deux collaborateurs. «Ma vision de la vie a changé. J’ose prendre des risques parce qu’on ne sait pas de quoi sera fait demain. J’espère que mon père est fier de ce que j’ai entrepris», conclut Matthias.

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