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Elfic Fribourg à Eurocup Women, version Covid-19

Découvrez le carnet de voyage d'une joueuse de l'équipe d'Elfic Fribourg ! © Eléa Jacquot
Découvrez le carnet de voyage d'une joueuse de l'équipe d'Elfic Fribourg ! © Eléa Jacquot
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19.01.2021

L’article en ligne – Sport » Engagée en Eurocup Women, Elfic Fribourg entame sa nouvelle saison cette semaine dans une bulle sanitaire. L’occasion pour notre chroniqueuse, membre de l’équipe, de vous emmener dans ses bagages.

Eléa Jacquot

Jour 1 : le voyage
C’est avec un certain sentiment de partir à l’aventure que je prépare mon sac. Nous sommes le samedi 16 janvier 2021, il est 20 heures, et mon départ pour la bulle est imminent. La bulle, c’est l’alternative adoptée par la fédération internationale de basketball (FIBA) pour permettre à ses compétitions européennes interclubs de se dérouler sereinement malgré la pandémie. Elle dure une semaine, comprend trois matchs par équipe et remplace la traditionnelle saison régulière. 
Pour y entrer, il nous a tout d’abord fallu nous soumettre au désormais bien connu test PCR, effectué la veille du départ et heureusement négatif pour toute l’équipe. Une fois sur place, à Landerneau (Bretagne), nous laisserons notre liberté entre parenthèses, car la bulle est hermétique. 
La soirée est donc bien avancée ce samedi quand je parviens enfin à boucler mon sac. Comme à mon habitude, j’ai prévu trop d’affaires. Le fameux « on ne sait jamais, ça pourrait me servir ». Ma valise n’étant du même avis, je me résous à faire un tri, abandonnant notamment avec tristesse un paquet d’oreo et deux de mes vingt paires de chaussettes de sport - « exagéré », vous dites ?
Nous voyageons de nuit, en car. Deux sièges chacune, soit approximativement un lit de quarante centimètres par cent, le pied ! Après quelques heures de sommeil intermittent, je découvre amusée l’une de mes coéquipières tranquillement allongée dans l’allée du véhicule. L’idée est intéressante, les places y seront chères au retour !
Finalement, après une quinzaine d’heures de voyage, nous arrivons à Brest, notre maison pour une semaine. A peine le temps de voir l’océan que nous voilà aux portes de notre hôtel. Que la compétition commence !

 

Jour 2 : les premières découvertes
Le principal inconvénient de la bulle sanitaire est de passer une semaine dans une région inconnue sans pouvoir ne serait-ce que découvrir, d’une simple balade, la ville qui nous héberge. Au-delà de l’intérêt sportif, les compétitions européennes font habituellement voyager. Depuis mes débuts avec la première équipe d’Elfic Fribourg, nous avons notamment pu découvrir Venise en 2017 - où nous aurions par ailleurs dû retourner cette saison - ou encore Moscou en janvier dernier.
Je ne vais pas vous le cacher : l’idée de venir en Bretagne sans même être en mesure de déguster une galette dans une crêperie me donne un petit pincement au cœur ! Pourtant, en ce premier jour sur place, j’ai tout de même eu un petit aperçu de la ville de Landerneau.
Comme bien d’autres étudiantes, j’ai la joie d’être en pleine période d’examen. Un nouveau test PCR étant prévu en même temps que l’un d’eux, je suis donc partie de bon matin en direction de la salle de basket pour me faire chahuter le nez avant tout le monde, accompagnée d’un chauffeur privé. Breton, un brin chauvin il faut le dire, le bonhomme a tout de même eu la grande gentillesse de me faire découvrir depuis les fenêtres de notre véhicule le centre-ville de Landerneau et son magnifique pont habité. Comme quoi, avoir un examen à passer peut se transformer en avantage !
En fin de journée, après une séance vidéo afin de préparer le premier match de la compétition, l’équipe effectue son troisième entraînement dans la bulle. La salle vide semble attendre en vain les spectateurs enthousiastes que m’a décrit ce matin mon guide improvisé. Un immense drapeau breton les remplace fièrement dans les gradins, tandis que les drapeaux des pays des quatre équipes du groupe surplombent le terrain. Tout est prêt pour demain !  

 

Jour 3 et 4 : la compétition commence
Quand nous sortons de la salle ce mardi 19 janvier au soir, nous peinons encore à croire ce que nous venons de vivre. Nous avons battu l’équipe locale de Landerneau, et de quelle manière ! Menées deux fois de près de dix points pendant le match, puis d’un petit point à quelques secondes de son terme, l’exploit est là. Autant vous dire que sur le banc de l’équipe, la tension était à son comble. Passer au bord de la crise cardiaque, puis à une explosion de joie, avant d’attendre, trépignantes, que la dernière action de l’équipe adverse échoue pour pouvoir enfin célébrer.
Une telle montée d’adrénaline, cela n’arrive pas si souvent. Alors dans le car qui nous ramène à l’hôtel, nous sommes sur un petit nuage. La vidéo du panier de la victoire, marqué à sept centièmes de la fin du temps réglementaire, tourne en boucle sur les réseaux sociaux et personne ne se lasse de la regarder encore et encore.
Le lendemain, nos émotions sont doucement retombées. Le match suivant, prévu le soir même contre Venise, s’annonce très compliqué. Contrairement à notre première rencontre de la bulle, que nous avions préparée pendant une semaine, celle contre les Italiennes ne fait l’objet que d’une petite séance de vidéo, assortie d’un léger entrainement du matin. Quand on joue trois fois en quatre jours, il faut savoir faire des concessions.
Comme nous le craignions, la rencontre est difficile, peut-être même plus dure que ce que nous avions imaginé. Le compteur de Venise s’envole, et l’on se sent relativement impuissantes face à un tel jeu d’équipe. Peu importe, il nous faut laisser ce match derrière nous au plus vite et nous concentrer sur celui qu’il nous reste, vendredi 22 janvier. Avec une nouvelle victoire, la qualification au tour suivant serait à portée de main ! Entre-temps, une journée de pause bienvenue va permettre à l’équipe de recharger ses batteries et de préparer au mieux la fin de la semaine.

 

Jour 6 : l’épilogue d’une belle semaine
Aujourd’hui, c’est le jour décisif. La conclusion d’une semaine d’aventure qui peut encore revêtir pour nous tous les aspects. Nous savons que notre qualification pour le tour suivant, à savoir une place dans le top 16, passera par une victoire contre nos adversaires du soir, les Belges de Boom. Parallèlement, nous devons espérer une victoire de Venise contre le club local, Landerneau.
Une chose après l’autre : première étape, gagner ce soir ! Si nous partons avec les faveurs de la cote, les Belges ayant perdu largement contre Landerneau, le match a tout d’un piège. Nous savons toutes qu’un manque de concentration ruinerait les efforts consentis jusqu’à présent, Boom étant parfaitement capable de nous mettre en difficulté si nous ne prenions pas le match suffisamment au sérieux. L’enjeu est donc mental, d’autant plus que nous restons sur une lourde défaite face à Venise.
Une dernière séance de vidéo à l’hôtel avant de partir pour la salle nous permet d’étudier l’adversaire. Les consignes sont données et nous savons qu’il ne tient qu’à nous de les appliquer pour gagner. Défendre dur, être organisées en attaque. 
La première mi-temps est serrée. Nous sentons que nous avons les moyens de prendre de l’avance, mais notre jeu est trop approximatif pour espérer plier le match rapidement. Au retour du vestiaire cependant, je sens comme un déclic au sein de l’équipe. Notre défense s’est resserrée et les paniers s’enchainent. En quelques minutes, nous prenons vingt, puis trente points d’avance. La victoire est dans la poche ! Soulagement.
Deuxième et dernière étape, attendre, les yeux rivés sur le match suivant, une victoire italienne. Quelle drôle de situation de supporter l’équipe qui, deux jours plus tôt, nous avait infligé une véritable claque ! Il est 22 heures quand finalement, depuis le car qui nous ramène en Suisse, nous pouvons célébrer notre qualification, le cœur remplit de fierté. L’aventure continue !
 

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