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Et si je lisais ce gros livre couvert de poussière, la Bible?

Cinq étudiants en latin médiéval se retrouvent chaque jeudi pour discuter des passages de la Bible. © Lise Schaller
Cinq étudiants en latin médiéval se retrouvent chaque jeudi pour discuter des passages de la Bible. © Lise Schaller
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23.03.2020

J’ai testé pour vous » La Page Jeunes se met à lire la Bible. «Dépassée!» pensez-vous? Pas si sûr.

Rappelez-vous: il y a ce gros livre tout en haut de l’étagère, bien caché et couvert par dix ans de poussière. Personne ne le lit, personne ne sait comment il est arrivé là, mais personne n’ose le jeter. La Bible, chez les jeunes, a connu des jours meilleurs. Pour remédier à notre ignorance, nous sommes cinq étudiants en latin médiéval à l’Université de Zurich à avoir pris la décision de lire la Bible en deux semestres. Une semaine pour la Genèse, une autre pour l’Exode et ainsi de suite, jusqu’à l’Apocalypse. Il n’est pas possible d’abandonner puisque chacun et chacune, à son tour, doit présenter un texte aux autres.

Si nous tenons tellement à la lire, c’est que la Bible a profondément marqué la culture européenne, et ce jusqu’à nos jours. En Suisse, qui n’a pas, enfant, dessiné l’arche de Noé? Qui n’a pas parlé d’amour et de pardon d’une manière chrétienne? Dès l’Antiquité tardive, les textes de la Bible sont si présents dans le quotidien qu’on en cite des passages à tout-va sans même en indiquer les sources. C’est normal puisque à l’époque, les lettrés connaissent la Bible (presque) par cœur. Ainsi, impossible d’étudier la littérature du Moyen Age sans connaître la Bible. De la même manière, imaginez, aujourd’hui, le lecteur moderne ouvrir un journal et tomber sur le titre «J’accuse…!» ; si vous avez lu l’article d’Emile Zola portant ce même titre, c’est toute une dimension culturelle qui s’ouvre dans votre esprit. En revanche, ne pas connaître ce texte, c’est amputer votre lecture d’un bras sans même le remarquer.

Ça fait six semaines que nous avons commencé notre marathon. J’ai été choquée par les agissements du Dieu des juifs, implacable; étonnée de rencontrer plusieurs dieux dans un texte que je croyais strictement monothéiste; et j’ai ri aussi devant des histoires qui paraissent absurdes au lecteur contemporain. Quant aux genres des textes bibliques, ils sont si variés que je m’étonne d’avoir, jusque-là, considéré la Bible comme un seul ouvrage indissociable. Quoi qu’il en soit, une chose est sûre: les passionnés d’histoire, de littérature, de droit ou de mythologie y trouveront leur compte!

Lise Schaller

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