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Gare aux mauvais réflexes

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03.02.2020

Certaines habitudes inspirées par la vague verte ont un impact réduit

Patrick Yerly

Ecologie » Au Forum économique de Davos, la jeune militante suédoise Greta Thunberg estimait le mois dernier que les efforts déployés pour protéger la planète étaient insuffisants. Pourtant, rares sont ceux qui n’essaient pas, au quotidien, d’adopter des petits gestes écologiques en espérant contribuer à un monde meilleur. C’est peut-être qu’ils profitent moins à l’environnement qu’on le croit. Certains concepts à la réputation verte recèlent en effet une face cachée moins reluisante. En voici une liste non exhaustive.

La compensation CO2

Des entreprises comme MyClimate ou Swiss Climate permettent au citoyen de compenser le CO2 produit lors de son vol en avion en payant une certaine somme. L’entreprise se charge ensuite de financer des projets écologiques, comme la plantation d’arbres. De plus en plus répandue aujourd’hui, la compensation du CO2 ne serait pas si utile que ça. Selon une étude de l’institut de recherche allemand Okeo-Institut, 85% des dons faits à ces entreprises ont une «faible probabilité» d’être efficaces car les projets financés par ces entreprises n’ont pas de réel impact sur la diminution de la production de CO2. Pensez-y avant de prendre l’avion!

Les «tote bags»

Vous avez sûrement vu nombre de ces tote bags, ces sacs en toile souple censés remplacer les sacs en plastique. Omniprésents, certains arborent des phrases comiques, d’autres des slogans politiques ou d’autres encore des dessins plus ou moins inspirés. S’ils sont esthétiques, ils n’offrent pas une alternative irréprochable aux plastiques à usage unique: d’après une étude de l’Agence danoise de protection de l’environnement, un tote bag doit être utilisé au moins 7100 fois – soit une fois par jour pendant 20 ans! – pour égaler l’empreinte écologique d’un sac en plastique standard. Ce chiffre peut augmenter avec la quantité d’encre utilisée pour le dessin ou la matière du sac.

Réutiliser sa bouteille

On est prompt à vouloir réutiliser sa bouteille en plastique pour éviter d’en racheter une nouvelle à chaque fois: une manière simple de diminuer sa consommation de plastique. Malheureusement, une étude de la Heighten Science Publications Corporation soulève un autre problème en expliquant que la réutilisation d’une bouteille de type PET peut amener «un niveau très élevé de bactéries et une augmentation rapide de la croissance microbienne». N’oubliez pas, la santé avant tout!

Plastique biodégradable

On les voit de plus en plus souvent dans nos supermarchés, ces sacs créés à partir de maïs ou de pommes de terre. Ils paraissent au premier coup d’œil parfaitement écologiques et on serait tenté d’y mettre son compost. Mais en réalité, ces sacs ont besoin d’une température de 50 degrés pour se dégrader et les colorants et autres additifs chimiques peuvent être mauvais pour l’environnement. Autant de désavantages rapportés par le Programme des Nations Unies pour l’environnement.

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