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«Je l’avoue, je collectionne les cahiers et les calepins vierges»

Ma collection » Tout au long de l’été, des membres de la Page Jeunes se révèlent à travers une collection, parfois farfelue, pour laquelle ils se passionnent.

Mignons, discrets et fidèles, les carnets sont d’excellents compagnons de la vie quotidienne. © Hai Yen Pham
Mignons, discrets et fidèles, les carnets sont d’excellents compagnons de la vie quotidienne. © Hai Yen Pham

Hai Yen Pham

Publié le 23.08.2016

Temps de lecture estimé : 2 minutes

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Il est de ces petits carnets entamés qu’on laisse traîner au fond d’un tiroir ou d’un sac, et qui attendent docilement d’être comblés de notes en tout genre. Il en est d’autres, curieusement plus attachants, qu’on prend plaisir à exposer parmi les pièces rares de notre bibliothèque et qui sont près de frôler le sacré: pas question de les salir, de les écorner, de les déchirer et surtout… pas question d’y écrire! Parce qu’ils sont si ravissants, ces carnets. La délicate couverture aux divers motifs et textures, les pages blanches gracieusement lignées: tout semble trop innocent pour se voir diffamé d’un coup de plume impulsif qu’on risquerait de regretter amèrement.

Comment ça, je dramatise? N’essayez même pas de me faire croire que tous vos carnets sont remplis jusqu’à la dernière ligne et que vous n’en chérissez pas un plus que les autres, assez pour le préserver de la corruption! Alors oui, je l’avoue, j’aime flâner compulsivement entre les rayons d’une papeterie en quête d’un énième carnet inédit qui égaiera ma collection. Que la couverture soit souple ou rigide, les coins arrondis ou pointus, les motifs lisses ou en relief: chaque modèle rayonne de promesses de bonheur. Et Dieu que c’est beau, ce doux parfum de papier neuf! Et ces crépitements furtifs de la reliure qui craquelle sous l’élan du feuilletage!

Mais voilà, une fois l’élu acquis et l’euphorie retombée, je n’ose plus y toucher, de peur de le gâcher par une écriture maladroite ou une fausse bonne idée. Du coup, je préfère l’exhiber vaniteusement aux côtés de ses prédécesseurs. Et j’espère secrètement qu’un jour viendra où, frappée d’une inspiration divine, j’y esquisserai une combinaison de mots au moins digne d’un brouillon de Victor Hugo…

Soyons sérieux, tous mes carnets ne sont pas victimes d’une condamnation perpétuelle. Si je persiste à nourrir mon obsession pour ces petits cahiers, c’est aussi parce qu’ils invitent à la spontanéité: j’avoue qu’il m’arrive d’en sacrifier un ou deux pour y inscrire des citations marquantes ou pour y griffonner des idées, des pense-bêtes, des croquis, des recettes… Toutes ces choses qui perdent leur poésie sur un support électronique. D’ailleurs, je vous avouerai que je réserve plutôt ce dernier pour ma collection de Pokémon.

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