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«La lutherie, ça mélange tout!»

Après des années d’études de langues, Marion a trouvé sa véritable vocation: fabriquer des violons! Bernard Joerg
Après des années d’études de langues, Marion a trouvé sa véritable vocation: fabriquer des violons! Bernard Joerg
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14.07.2020

Parle-moi de ton taf !

Marion Pollart, 28 ans, travaille dans l’atelier de lutherie Joerg à la rue de Lausanne.

«J’ai toujours eu une fascination curieuse pour le violon même si ma famille n’était ni manuelle ni musicale. Ayant un intérêt certain pour les langues, je me suis d’abord tournée vers le métier de traductrice-interprète pour lequel j’ai suivi six ans d’études, une expérience que je n’ai finalement pas appréciée. En effet, j’ai vite perçu un décalage entre mes valeurs et la réalité du milieu. C’est lorsque je me suis attelée à la traduction d’un ouvrage sur la lutherie que j’ai eu l’occasion de fréquenter pour la première fois un atelier à Bruxelles. Cela m’a permis de comprendre que la lutherie correspondait totalement à ce que je recherchais.

La lutherie, ça mélange tout! On touche à la fois au travail du bois et du métal pour les outils, à l’acoustique, à l’histoire de la musique et même à la chimie quand on s’intéresse aux vernis. Moi qui ai un besoin continuel d’apprendre, je trouve ça génial de pouvoir constater l’évolution de mon travail. Personnellement, j’ai encore beaucoup à apprendre au niveau technique. Mais je ne cesse de m’améliorer et cela rend aussi le métier plus intéressant. Les objets que l’on fabrique sont censés vraiment durer dans le temps, certains violons ont plus de trois cents ans! Forcément, un travail aussi minutieux a un coût… alors pour rester plus accessible, l’atelier pour lequel je travaille propose aussi des instruments en location pour tous les âges.

Il faut tout de même être persévérant dans ce métier. À l’école de lutherie de Newark par exemple, il faut compter quatre ans d’études où on est présent depuis neuf heures du matin jusqu’à sept heures du soir, et ce du lundi au vendredi. Il faut en plus travailler les week-ends pour payer ses études et consacrer son temps libre aux violons. De plus, les débouchés sont extrêmement limités: dans ma promotion, un luthier sur deux trouve du travail. N’oublions pas qu’il faut être prêt à déménager car il n’y a pas un atelier à tous les coins de rue… il faut être très motivé.» Yvan Pierri

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