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Le carnaval et ses journaux

Le carnaval et ses journaux © Clara Kunz
Le carnaval et ses journaux © Clara Kunz
10.02.2020

La relève des rédacteurs n’est pas assurée, mais le lectorat en redemande

Lise Schaller

Presse satirique » Qui dit février dit carnaval. Avec ses guggenmusiks de rigueur, ses cortèges, déguisements et soirées alcoolisées… Mais il est encore une autre tradition qui, elle, est plus souvent oubliée: les journaux de carnaval. Dans ces papiers à délations, on peut lire les frasques du voisin aussi bien que celles du politicien du coin. Prise de pouls auprès de trois titres du canton.

Ray Dakteur (nom d’emprunt) se décrit comme «un jeune retraité mais rédacteur actif» de La Baffe, le journal de carnaval de la ville de Fribourg. Il raconte comment les histoires viennent à lui: «Les quartiers de la Neuveville et de l’Auge aiment bien se lancer mutuellement des piques», s’amuse-t-il. Les autres quartiers de la Basse-Ville se prêtent aussi souvent au jeu en envoyant leurs histoires. La ville haute est, quant à elle, moins représentée.

«Se moquer gentiment»

Ailleurs, on mesure la nécessité de couvrir un territoire suffisamment vaste pour toucher davantage de lecteurs. Jeanick Dayer, responsable de La Socque, le journal de carnaval romontois, précise: «Pour toucher le plus de monde possible sur le territoire glânois, nous avons un système d’antennes. Une dizaine de personnes présentes dans la Glâne sont chargées de me transmettre les histoires.»

Quant à la commune d’Hauterive, son journal de carnaval s’intitule le Sac à Rire. Il est rédigé par la société de jeunesse de la commune. Le journal touche donc un public plutôt jeune. Miguel Rodrigues, 24 ans, membre de la jeunesse et co-rédacteur en chef du journal, raconte avec humour: «Finalement nous écrivons beaucoup de frasques sur nous-mêmes.»

D’après lui, le journal est très attendu par les anciens membres de la jeunesse ou par les parents de jeunes susceptibles de se retrouver dans les pages du journal. Les scandales pouvant être liés à un humour quelque peu déplacé sont rares à Hauterive: «Quand on connaît les gens, on sait qu’on peut se moquer d’eux gentiment sans que ça pose problème», assure Miguel Rodrigues.

Pour Ray Dakteur, trouver de jeunes auteurs motivés n’est pas une tâche aisée. Il déplore le manque de relève au sein de la rédaction de La Baffe: «C’est difficile d’intéresser les jeunes. Ils ont peut-être été nourris avec d’autres histoires que nous et rigolent différemment.» Ce qui n’a pas empêché La Baffe, qui fêtait l’année dernière sa troisième année d’existence, d’avoir été vendue à 600 exemplaires.

L’avenir des journaux de carnaval n’inquiète pas Miguel Rodrigues: «Tant qu’il y aura des gens motivés à écrire des histoires, il y aura des gens pour les lire», croit-il. Quant à l’avenir de La Socque, tirée à 1200 exemplaires, Jeanick Dayer se montre optimiste: «Des jeunes sont présents quand nous fêtons la sortie de La Socque, une semaine avant carnaval. Il est clair que l’intérêt naît lors de ce genre d’événements.»

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