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Le Noël de la PJ

Et vous, que retiendrez-vous de ces fêtes de fin d'année? © Héloïse Hess
Et vous, que retiendrez-vous de ces fêtes de fin d'année? © Héloïse Hess
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30.12.2019

L’article en ligne – Fêtes » Quelques morceaux de Noël sélectionnés par la rédaction de la PJ, pour prolonger un peu la magie des fêtes de fin d’année.

Les fêtes de Noël, c’est pas toujours aussi simple, soit dit entre-nous. Cette année, il a fallu se déplacer le 24 au soir chez la grand-mère d’en-dessous qui ne pouvait plus monter les escaliers pour venir chez nous. La liste des présences a vécu, elle aussi, quelques modifications parce que certains ont décidé au dernier moment de passer le réveillon chez leur partenaire. Le 25, c’était au tour du Noël de la famille élargie avec ses végétaliens et ses allergiques aux noix. Le 26, rebelote avec les malheureux qui n’avaient pas pu être présents le 24 – on ne les a pas remerciés. Le 28, Noël des amis.


Je n’en peux plus : Jésus est né déjà quatre fois et je ne peux plus voir les fondues chinoises en peinture. Ah ! J’allais oublier : le deuxième Noël des amis a été repoussé à la mi-janvier…

Lise Schaller


Tout se passait bien. Enfin, par «bien», je veux dire de manière classique pour un réveillon. Vous savez, les mêmes discussions chaque année : « Tu fais quoi l’année prochaine ? », « Et les amours ? » enfin bref, vous voyez. Tout était normal jusqu’au moment où ma grand-mère décide de nous parler de sa passion du jeudi soir, le catch à la télévision : « Ils étaient six sur le ring ! Six ! Tu te rends compte ? », « Je sais bien que c’est de la comédie mais bon moi ça me plaît cette bagarre. » Une grand-mère normale.

Patrick Yerly


Cette année encore, j’ai fêté Noël entourée des êtres qui me sont chers. Ce concept si simple qu’est celui d’une famille et si important durant ces festivités semble pourtant échapper à certaines personnes. Comme à ce père qui a fait attendre son fils dans la voiture après la messe de minuit, pendant qu’il enchainait les vins chauds offerts par la jeunesse, quand bien même tous les autres paroissiens s’en étaient déjà allés. Et cette connaissance qui organisait le repas du 25, sans se soucier de savoir comment sa grande sœur célibataire allait passer ce jour de fête. A l’opposé de ces montagnes d’indifférence, se trouve une amie, qui aurait donné tout l’or du monde pour avoir encore sa mère à ses côtés. Fêter Noël en famille semble anodin. Je dirais que c’est une chance inestimable.

Justine Fleury


La nature m’a comblé

Cette année, le plus des cadeaux m’a été offert par notre « Mère Gaïa », chère aux écologistes. En effet, quoi de plus beau que de la neige poudreuse agrémentée d’un ciel sans nuages ? Si en plus la station de ski est assez grande pour que tout le monde puisse trouver son bonheur tout en ne skiant pas sur les lattes… Un cadeau de Noël bienvenu alors que l’on nous rabâche que l’or blanc fera bientôt partie de nos lointains souvenirs. L’Apocalypse est retardée, me voilà rassuré.

Franck Descloux


Toujours pareil

Nappe ou pas ? Oui, mais elle a une tache au milieu. Mets une bougie au milieu pour la cacher. Sors la vaisselle de Limoges, et fais gaffe aux verres en cristal. Pas besoin de me crier dessus. « Tuto pliage serviette. » Toi, prépare l'apéro. Du wasabi ? Mais c'est pas bon ! Ça pique, en plus. Quoique. Ah non, c'est pas mal. On mange quand ? J'ai faim. Je dois encore emballer un cadeau. À table ! Comment ? Tu est devenue végétarienne ? Et ton copain, tu nous le présentes quand ? Merci pour le cadeau, il fallait pas. Noyeux Joël ! Tu conduis, j'ai trop bu. On se voit à Nouvel An ?

Margot Knechtle


Très chers petits anges

Douce nuit, sainte nuit !
En ces lieux, cris et bruits.
Les quatre enfants aînés 
et le dernier poupon, endormi…
C’est l’amour infini ! 

Saints enfants, doux agneaux !
Qu’ils sont grands ! Qu’ils sont beaux !
Entendez résonner leurs voix :
Ils entonnent quelques crises,
Lorsque vers une chambres leurs cousins les conduisent…

Mais c’est vers nous qu’ils accourent,
pour avoir des biscuits en retour !
A ce petit monde rempli d’amour,
non sans une touche d’humour, 
« Oui », nous leur disons toujours !

La fin de soirée approche, 
Leur énergie décroche... 
Fatigués, ils se chamaillent.
C’est l’heure de dire bye bye !

Chiara Bovigny


C’est Noël. Le sapin est là, la famille aussi, sans oublier les tonnes de nourriture. C’est la fête, la société me valide, on me demande : « Ah bon vous fêtez Noël ? Vous n’êtes pas musulmans ? » Je leur réponds que non, que je ne suis pas chrétienne non plus et que j’aime juste l’ambiance. On me sourit, on essaie de me féliciter : « C’est beau à voir : voilà des étrangers bien intégrés ! »  Cette phrase me hérisse le poil des pieds à la tête, avec tout ce qu’elle implique de laid, et je me crispe de constater que certains continuent à me considérer comme une étrangère alors que ça fait dix ans que je suis naturalisée suisse. Je tourne les talons en me disant que l’année prochaine, j’aimerais que le Père Noël m’offre comme cadeau le silence des ignorants.

Kaziwa Raim


Dénicher un présent pour un membre de la famille quasi inconnu avec qui on échange deux mots en moyenne par année ? Quelle merveilleuse idée. Pour éviter d’offrir des bidules superflus qu’on planquera au fond d’un tiroir en attendant le délai et l’occasion acceptables pour s’en débarrasser, j’opte pour des choses à consommer. Et j’espère en recevoir aussi, car mes tiroirs ne souffrent plus de stocker de ces bidules inutiles non recyclables. Alignés sur la table depuis le début de la soirée, les cadeaux attendent sagement d’être repérés par leurs destinataires respectifs. Ce joli paquet est-il pour moi ? Non ! vous répond-on en chœur. Dommage. Et rebelote. Non, toujours pas. Ah, eh bien j’imagine que le paquet restant est pour moi. Bien joué. Lorsque vient le moment de déballer, la tension est à son comble. Du chocolat. Pas des plus originaux, mais au moins, ça se mange et nul besoin d’opération Marie Kondo ou que sais-je pour s’en désencombrer. Ouf !

Hai Yen Pham


« Moi, je n’aime pas les énigmes. Je n'arrive de toute manière jamais à les résoudre sans assistance, alors pourquoi essayer, hein? Non franchement, c’est agaçant, exactement comme les Escape Games. Vous savez qu’ils font maintenant des Escape Games à réaliser chez soi? C’est complètement idiot, il faut déchirer le matériel de jeu à la première utilisation – qui sera la dernière! S’ils comptent sur moi pour débourser 30 francs pour un jeu à usage unique qui n’éveillera rien d’autre que la conscience douloureuse de mes limites intellectuelles, ils peuvent se mettre un doigt dans l’oeil! On ne m’aura pas comme ça, ah non alors.

(Plus tard, en déballant son cadeau)

Oh! Un Escape Game à faire à la maison! M.. Merci Maman!»

Louis Rossier


Un Noël oublié

On vient de tous les côtés. Les plaques et les esprits s’échauffent entre les casseroles de légumes et les plateaux prévus pour l’apéro. On s’agite, coupe en dés d’un côté et dresse les entrées de l’autre. On donne des ordres et s’insurge de recevoir ces derniers. On retourne auprès des invités, sert plusieurs verres. On échange quelques mots, mais vite car la cuisine nous appelle. Et alors que l’on s’apprête à traverser la maison vers les fourneaux, surgit un son harmonieux. Des doigts courent sur les touches immaculées du vieux piano et crée une mélodie aux saveurs jazzies. Tous s’arrêtent. Les verres sont posés sur les tables et les esprits agités se laissent aller à ce moment improvisé. La pianiste attirent les enfants, curieux. Certains airs connus résonnent et poussent la salle à les fredonner. Et puis, on se souvient enfin que c’est Noël.

Joanne Fontana


La soirée animée d’une famille nombreuse

Oui, la table était bien dressée, le repas excellent et les cadeaux (trop) abondants… Mais ça, c’est le cliché de la fête de Noël, non ? Ce sont les détails qu’il faut retenir. Un petit groupe qui parle de taux hypothécaires à la banque tandis qu’un autre rigole à des blagues Carambar. Des enfants qui jettent à la volée des emballages de bonbons dans un sac de cadeaux, croyant que c’est une poubelle. Le chat qui est couché dans la crèche et qui râle quand on l’enlève. Un bébé qui fait un câlin un peu trop insistant au chien, heureusement « bonne pâte »… La soirée fut animée et bruyante, mais je n’échangerais ma famille nombreuse pour rien au monde !

Kim de Gottrau


Ce qui est chouette quand on travaille dans un EMS, c’est qu’on fête la veille de Noël avec les représentants les plus anciens de la société, les doyens, les gens qui « ont roulé leur bosse » : les vieux quoi.  Enfin, on ne passe pas vraiment la soirée avec eux. Ce qu’on fait, c’est plutôt leur servir leurs plats, thés, cafés ou encore leur vin pendant que les plus nonchalants d’entre eux vous fixent avec des yeux vitreux. Le tout avec des « Glooooria in exelcis deo » préenregistrés à fond dans les oreilles. Et ce n’est pas la version de Patti Smith…

Mais bon… il faut dire qu’ils sont quand même mignons, ces vieux. Parce qu’une fois servis, ils font turbiner leurs connexions neuronales pour vous esquissez un sourire reconnaissant et au final, on est quand même content d’être là !

Yvan Pierri


Un Noël raté

Ce 24ème Noël fût définitivement le Noël le moins réussi de mon existence. 
Les maux de gorge ont débuté la veille du 24 décembre. Toujours présents le 24 au petit matin, et ne cessant de s’intensifier durant la journée, je devinais ce qui me pendait au nez. 
Une coupe de champagne, quelques bricelets au cumin. Et c’était fini. À peine passée à table, je le savais déjà: mon angine annuelle avait décidé de se pointer pour les fêtes. 

J’ai passé Noël sur le canapé, emmitouflée dans le duvet de Grand-papa Claude, entendant au loin une anecdote de jeunesse par-ci et un chant grégorien par-là. 
Je n’ai mangé ni frites maison, ni fondue chinoise, ni bûche. Rien. J’ai vaguement ravalé mes larmes au moment de rentrer avec mes parents, en voyant mes cousins partir en direction de Fri-Son. Désolation.

Elsa Rohrbasser


Le regard dans le vide, elle attendait son tour dans la file, l’air dépité. Elle s’apprêtait à utiliser le bon Payot qu’elle avait reçu à Noël pour s’acheter un livre de cours — un livre consacré au droit des contrats. Ah, ce qu’elle avait mal au cœur ! Quel gâchis c’était d’utiliser un bon cadeau pour s’acheter un livre de cours. Dire qu’elle aurait pu s’offrir au moins cinq romans avec ce bon ! Le pire dans tout ça, c’est qu’on ne lui rendrait que vingt petits centimes une fois qu’elle aurait payé son fichu bouquin. Elle soupira. Comme c’était injuste, cruel, et malheureux de devoir payer si cher pour des livres de cours ! 

Kessey Dieu


La crèche vivante

Enfin ! Toute l’année on patiente, et ce soir, après des jours d’attente, voici le réveillon. Cet instant magique durant lequel on se retrouve en famille pour déguster un bon repas et partager. Mais avant tout, coutume oblige, rendez-vous à l’église pour assister à la messe, parfois accompagnée d’une crèche particulièrement vivante cette année : des enfants déguisés en moutons qui parfois oublient leur rôle et se mettent à marcher sur les pattes arrières, au chameau en carton sur lequel se repose un roi-mage pas très confiant, en passant par une Marie qui chute à cause d’un voile trop grand. Décidément, cette année la crèche valait bien le repas !

Ulysse Schaller

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