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Le sport qui rassemble

Pour assurer une bonne coopération au rafroball, les joueurs sont encouragés à réclamer et à diriger la réception des passes. © Héloïse Hess
Pour assurer une bonne coopération au rafroball, les joueurs sont encouragés à réclamer et à diriger la réception des passes. © Héloïse Hess
11.06.2019

Un sport qui rassemble invalides et valides sur le terrain? Il s’appelle le rafroball. Reportage aux Buissonnets avec l’équipe des Rafro Vaches

Hai Yen Pham

Intégration » En ce jeudi soir de fin mai, les Rafro Vaches se retrouvent dans la halle sportive des Buissonnets pour l’entraînement de rafroball hebdomadaire. Cousin éloigné du handball, le rafroball se distingue par son mélange original de personnes valides et moins valides. Son nom reprend les patronymes de Thierry Rapillard, Lionel et Jonas Frossard, et Prince Ballestraz, qui le créèrent en 1996.

Ce soir, l’équipe, qui compte normalement 16 personnes âgées de 8 à 50 ans, est réduite: ce sont huit joueurs qui attendent le signal de la coach Karoline Steinemann pour commencer l’échauffement. Les groupes sont formés en tenant compte des profils de chacun pour assurer un maximum d’équité et de fluidité dans le jeu. «Après une passe, on se déplace immédiatement!» prescrit-elle. Certains sportifs sont accompagnés d’un «moteur»: une personne valide ou légèrement invalide qui les aide. C’est le rôle du fils de la coach, Rouven, 23 ans, qui pousse Amélie, 13 ans, sur son fauteuil: il l’aide à se repérer, mais c’est elle qui, balle en main, décide des opérations. Parmi les «piétons» qui présentent un handicap léger, les valides jouent en chaise roulante.

Avant le début des matches, on rappelle brièvement les divers «avantages» de chacun. Ce sont des atouts qui assurent que chaque joueur, selon ses possibilités, a assez de temps ou d’espace pour faire son action. Les personnes présentes aujourd’hui ont un jeu dynamique, les passes s’enchaînent. «Le rythme change totalement selon les sportifs présents», précise Rouven.

Une évolution constante

Cela fait huit ans que Karoline et Rouven Steinemann ont fondé les Rafro Vaches. Rouven souligne que c’est grâce au soutien de l’association faîtière Sport Handicap Fribourg que tout est possible: «Entre chaises, buts, salle et licences, c’est un sport qui coûte très cher.» Ils observent de nombreux changements et une belle évolution. «Certains sportifs jouent depuis longtemps: ils forment le noyau dur d’une équipe changeante, et cela fait évoluer le jeu», résume la coach. «Il paraît que je suis un dinosaure, car ça fait déjà huit ans que je joue», plaisante Aliosha, gardien de 24 ans.

D’autres, tels que Felipe et Dylan, deux frères de 23 et 12 ans, dont l’un est invalide, ont intégré les Rafro Vaches en janvier. «J’ai joué à Payerne auparavant. Cette année, j’ai motivé mon frère à participer ici», raconte Felipe. Les Steinemann accueillent souvent des familles d’enfants invalides et valides, car le rafroball leur permet de jouer ensemble sur un pied d’égalité. Outre les fratries, l’équipe compte un autre duo spécial: Kevin, 22 ans, et son «moteur» Fabienne, autrefois sa maman de jour. «Ce sport leur permet désormais de passer du temps ensemble», confie Karoline. Invalides et valides s’accordent à dire que le rafroball est unique en ce qu’il réunit des personnes très différentes. Quand l’entraînement touche à sa fin, on participe au rangement et on se dit «à samedi» pour le dernier tournoi de la saison.

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