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«Les jeunes se questionnent beaucoup plus sur le genre»

L’association Lestime est très active dans l’organisation de la Gay Pride afin que les problématiques lesbiennes soient également représentées. © Mélodie Rossier
L’association Lestime est très active dans l’organisation de la Gay Pride afin que les problématiques lesbiennes soient également représentées. © Mélodie Rossier
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13.01.2020

Coup de cœur » Lestime est une association lesbienne et féministe genevoise fondée en 2002. Focus sur ces thématiques particulières.

La fédération genevoise des associations LGBT compte Lestime parmi ses membres. Yolanda Martinez, présidente de l’association, a ressenti le besoin de s’engager après avoir connu des difficultés dans sa vie professionnelle à cause de son homosexualité. «Les lesbiennes sont doublement invisibilisées du fait de leur genre et de leur orientation sexuelle», précise-t-elle.

C’est un problème qu’elle a constaté au travers de son expérience: «Dans les milieux LGBT, les hommes sont privilégiés. A Genève, ils bénéficient notamment de plus de subventions et d’infrastructures», déplore Yolanda. Le but de l’association est ainsi d’offrir un espace privilégié pour les femmes lesbiennes, bi ou trans en dehors de l’espace public majoritairement masculin.

Les activités de Lestime se font en non-mixité: elles s’adressent exclusivement aux femmes cis et trans. «Nous nous sommes aperçues que les espaces dédiés aux femmes libèrent la parole. L’exclusivité va parfois de soi, comme lorsque ce sont des soirées qui traitent de la santé sexuelle des lesbiennes», explique Christiane Parth, coordinatrice au sein de l’association. En 2019, Lestime a notamment organisé une collecte d’archives lesbiennes de la ville pour participer à la visibilité de cette minorité. Outre un pôle santé et juridique accompagné d’une permanence d’accueil, l’association propose des activités très diverses: «Nous organisons des ciné-clubs, des repas, des conférences et des rencontres politiques», expose la coordinatrice. L’association organise également des fêtes dans différents lieux, dont le fameux Lesboat Party à bord d’un bateau sur le lac.

Christiane Parth dit observer une tendance chez les jeunes: «Le contexte est différent de celui de mon époque, les jeunes se situent dans une mouvance queer et se questionnent beaucoup plus sur le genre», fait-elle remarquer. Pour répondre à cette demande de pratiques allant à l’encontre de la norme sociale hétéronormative, l’association organise des ateliers de drag-king qui ont énormément de succès: «Les femmes peuvent se maquiller et s’habiller avec des codes masculins. C’est parfois une expérience très intense, certaines découvrent des choses sur elles et sur leurs relations», souligne Christiane. Mélodie Rossier

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