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Dans certaines parties du monde, le droit à l’avortement est restreint voire interdit. © Kim de Gottrau
Dans certaines parties du monde, le droit à l’avortement est restreint voire interdit. © Kim de Gottrau
10.06.2019

L’article en ligne – Droit à l’avortement » En cette semaine marquée par la Grève des femmes, revenons sur un sujet qui a marqué l’opinion publique il y a quelques semaines aux États-Unis : le droit à l’avortement. Petit tour du monde au sujet de cette liberté de décision de la femme.

Kim de Gottrau

Le 14 juin, lors de la Grève des femmes, c’est l’occasion de manifester dans la Suisse entière pour toutes les causes féministes. L’égalité, notamment salariale, sera un des thèmes majeurs. Néanmoins, on peut relever un autre enjeu cher à la cause féministe et qui est remis en question ces dernières semaines, par exemple aux Etats-Unis : le droit à l’avortement, ou l’interruption volontaire de grossesse (IVG).

Le 14 mai dernier, le Sénat de l’Alabama a adopté un des projets de loi les plus restrictifs du pays en matière de droit à l’avortement. Selon le projet, les médecins qui pratiqueront une IVG seront passibles de peines de prison allant de 10 à 99 ans. Des exceptions seront prévues en cas d’urgence vitale pour la mère ou « d’anomalie létale » du fœtus, mais aucune exception ne sera accordée en cas de viol ou d’inceste. La gouverneure républicaine de l’Alabama a ensuite ratifié le texte, promulguant ainsi cette loi. Aux États-Unis, 28 États ont adopté des lois similaires depuis le début de l’année, restreignant le droit à l’avortement de manière générale dans ce pays. Face à cette situation, des manifestations ont eu lieu pour protester contre cette atteinte à la liberté de décision de la femme.

Dans le monde, le droit à l’avortement est fortement restreint voire interdit dans la plupart des pays d’Amérique latine et d’Afrique, tout comme dans le monde arabe et dans plusieurs pays asiatiques. En Europe, les législations sont plus libérales ; en revanche, Malte se distingue par son interdiction encore totale de l’IVG, même en cas de danger vital pour la mère. En dehors de l’Union européenne, Andorre et le Vatican sont tout autant restrictifs. Si vous avez une mémoire plutôt visuelle, vous pouvez consulter cette carte.

En Suisse, l’avortement a été légalisé en 2002. De ce fait, une femme peut librement décider d’interrompre sa grossesse dans les douze semaines qui suivent ses dernières menstruations. Elle doit en faire une requête écrite et invoquer un « état de détresse profonde », comme l’indique l’article 119 du Code pénal suisse. Avant cela et depuis 1942, l’IVG était punissable par la loi, sauf pour des motifs de santé et si la vie de la femme était en danger. Nous avons évolué depuis cette époque mais rappelons que rien n’est indéfiniment acquis : l’UDC a essayé de faire passer en 2014 une initiative pour exclure l’avortement des prestations d’assurances obligatoires. L’initiative a été refusée à presque 70%... un certain 9 février 2014. Par ailleurs, une enquête du Temps d’il y a trois ans révèle que des disparités existent entre les cantons. Les raisons seraient liées à des différences culturelles entre les cantons dits progressistes et ceux plus conservateurs. A titre plus individuel, certains gynécologues refuseraient simplement la pratique ou conseilleraient à la mère de prendre « un temps de réflexion », pour que le délai soit passé.

Chez nous comme ailleurs, le droit à l’avortement est inscrit dans la loi mais fait face à des résistances. La preuve que les femmes ont encore des combats à mener !

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