La Liberté

Les vacances de la PJ

Les vacances de la PJ, c'est des larmes, de la culture, du suspense, du sexe et des punaises de lit mangeuses d'hommes, entre autres. © Héloïse Hess
Les vacances de la PJ, c'est des larmes, de la culture, du suspense, du sexe et des punaises de lit mangeuses d'hommes, entre autres. © Héloïse Hess
03.09.2019

L’article en ligne – Chronique » Les membres de la Page Jeunes reviennent de vacances avec des coups de soleil et des souvenirs à raconter.  

Avant de retrouver un rythme de vie normal, chaque membre de la Page Jeunes a pris la plume pour rapporter un un souvenir de vacances qui lui est cher. 


Nuit blanche

Déambuler sur les pavés chauds de la ville, esquiver des vagues de touristes fraîchement descendus de cars climatisés à outrance, monter des escaliers, se rendre compte qu’ils mènent à une impasse, les redescendre. La visite est plus éreintante que prévu. Vient le soir, la marée de touristes s’est déplacée autour des restaurants vantant leurs steaks d’ours. Alors que la petite aiguille sur ma montre ne cesse d’avancer, je lève les yeux au ciel. Entre les charmants toits pointus et colorés de la capitale estonienne, la lune n’apparaît pas. Il est passé 23 heures, et la nuit complète semble ne pas vouloir se présenter : une légère lumière, néanmoins suffisante pour voir clairement devant soi, accompagnera notre sommeil. La « nuit blanche ». Cette journée éreintante n’en finira donc jamais.

Joanne Fontana

La La Land ou Pulp Fiction

« Harry Potter ! », m’exclamé-je. Rien à faire. L’adversaire est coriace. Tout s’est joué en une demi-seconde. Pas grave, on se rattrapera sur l’extrait musical suivant. Qui sait, peut-être qu’il y aura enfin du La La Land ou du Pulp Fiction. En attendant le prochain extrait, je regarde l’horizon. Le ciel est déjà tout noir. Soudain, je distingue quelque chose. Pendant une fraction de seconde, je ne comprends pas. Puis, lorsque je réalise enfin, je m’écrie. Évidemment, c’est trop tard. Mes amies n’ont rien vu. L’étoile filante a à jamais disparu.

Kessey Dieu

Tant pis pour les lâches!

2 août, fin de matinée, dans un train reliant Zurich à Coire, commence ce qui devait être des vacances entre amis… Cependant le mois de juillet s’est avéré plus tourmenté que prévu pour nos compagnons de route, car entre une grippe par-ci et un mal de dos par-là, nous ne sommes que deux à regarder les lacs suisses défiler derrière la fenêtre de l’Intercity. La pluie, la motivation et encore la pluie sont là, elles. Direction les montagnes grisonnes, puis tessinoises pour une semaine de grimpe, beaucoup de pâtes au pesto, et une cheville tordue.

Lalie Bays

Vive le Québec libre

En juillet, deux membres de ma famille québécoise ainsi que deux de leurs amis sont venus nous rendre visite en Suisse. Une grande fête de famille a été organisée à cette occasion avec 30 personnes. J’avais déjà entendu parler de l’ambiance festive qu’amènent les Québécois en général et je n’ai pas été déçue... Après quelques verres de vin, les quatre Québécois ont mis plus d’ambiance que tous les Suisses réunis. Le summum? A la fin, au moment de rentrer, je crie à ma sœur de prendre ma jaquette en passant. Une des Québécoises, bien joyeuse, lance : «Hein ?! Mais pourquoi tu as besoin de ta chemise de nuit?» On la regarde, étonnées. Elle nous explique que « jaquette » en québécois signifie « chemise de nuit » et que « jacket » signifie « veste ». J’ai eu un bon avant-goût de ce qui m’attendrait au Québec…

Chiara Bovigny

«Si tu es une artiste, je suis ta toile.»

J'ai tatoué un inconnu. Bon, il n'y a pas eu d'aiguille, de sang et de regret. Mon dessin a pourtant été tout aussi permanent. Jusqu'à ce que mon client ne se douche. «Si tu es une artiste, je suis ta toile.» Je lui dessine une fleur digne d'un enfant de cinq ans sur le bras. Parmi 14'000 festivaliers, c'est lui que je croise le lendemain. Ça sera un soleil sur l'épaule. Sortez vos mouchoirs, car vient ici le moment cul-cul de l'histoire. Je crois avoir trouvé mon âme sœur, le temps d'un week-end. Alors Clément, ma toile, si tu lis ces lignes, merci.

Margot Knechtle

Merci Patrick

J’ai pleuré au concert de Patrick Bruel. J’étais là, sur la plaine de l’Asse, au concert qui clôturait cette semaine d’exception, et j’ai pleuré en écoutant « J’te l’dis quand même ». J’étais là, entourée de mes amis de – feu – la « Team Yourte » avec qui j’avais passé l’entier du festival, avec qui j’ai vraiment beaucoup ri malgré les nombreuses péripéties que le combo camping + météo catastrophique nous a réservées, alors j’ai versé ma petite larmichette, en toute dignité évidemment. Sacré Patrick.

Elsa Rohrbasser

Yourte

Un festival. Une yourte pour huit jours de camping. Entre deux rues zébrant la nuée de tentes, c’est le plus haut campement, notre fierté à tous, notre palace cinq étoiles. Et puis une nuit, en passant y chercher quelque chose en pleine soirée, on ne voit plus le toit de notre palace dépasser. Sous un amas de bâches qui faisait office de toi, la yourte, écroulée, brisée. Et du festival, nous n’avions fait alors que la moitié. Des sardines fichées en plein cœur, il faut rameuter le réseau, chercher un logement de fortune à tout prix ; c’est sous deux tentes Quechua que nous finirons notre festival. Un campement certes moins fancy, mais un campement, c’est déjà pas mal…

Inès Conti

Roitelet de l’alpinisme

Le mois de train à travers l’Europe démarre avec un exploit qui restera dans les annales de la famille Rossier: l’ascension en solitaire du mont Triglav, le sommet le plus haut de Slovénie. Google annonce six heures d’ascension jusqu’à la cabane, et il est 8h du matin. Aux douze coups de midi, les vivres se sont amenuisées. La bouteille d’eau est vide, et il reste encore quatre heures d’ascension. Et ça devient vachement raide. Et qui eut cru qu’il y eut autant de neige en plein mois de juin, fichu dérèglement climatique. Une heure plus tard, il reste trois heures cinquante-cinq minutes d’ascension. Et plus moyen de revenir en arrière à moins de payer de sa nuque la plus belle descente en toboggan de l’ex-Yougoslavie. Et où est passé le chemin? On n’y voit goutte avec toute cette neige et cette glace et ces rochers. Et voilà que ça se couvre. Et qu’il se met à grêler. Et maintenant qu’on y pense, on a croisé personne depuis le début de la promenade. Bon. «Allô Maman? Ne panique pas s’il te plaît, mais je vais devoir appeler un hélicoptère...»

Louis Rossier

Des accompagnateurs non désirés

Cet été, je suis allée avec une amie en Slovénie. Nous y avons fait un road trip donc nous dormions chaque soir dans une auberge de jeunesse différente – vous comprendrez pourquoi je mentionne ce détail. Je recommande ce pays magnifique. Les montagnes ressemblent aux nôtres : verdure, petits lacs, vallons. Si vous n’êtes pas montagnard, il y a aussi la mer ! On peut déguster des fruits de mer, l’air salé dans les cheveux et les orteils dans le sable. Vraiment, je vous conseille de visiter ce pays. Je ne vous souhaite pas par contre le supplément auquel j’ai eu droit, de petits visiteurs franchement non désirés… Des punaises de lit. Démangeaisons horribles et lessives intensives garanties !

Kim de Gottrau

La Suisse et ses rues si étroites

Assise à une table de la fête de la bière à Kulmbach, je fais la rencontre d’une vielle dame. Zermatt elle connait. Elle y a été en vacances. Quel dommage quand il fait mauvais temps. Mais elle ne pourrait pas y habiter, ni dans n’importe quel autre village de montagne suisse. Alors que je m’attends à entendre cette même rengaine sur le coût de la vie en Suisse, elle s’en prend de manière inattendue à nos rues qui seraient trop étroites. Après dix mois d’études en Allemagne, c’est la première personne qui n’émet pas de critique sur les prix suisses, et en parlant de Zermatt en plus ! Inouï !

Justine Fleury

Une fontaine à Londres

Je me promenais de par les (très) grandes allées du Tate Modern, le plus grand musée d'art moderne de Londres, tour à tour intéressé et sceptique face aux oeuvres. Quand soudain je me retrouve face à «La Fontaine» de Duchamp! Se trouver face à l'oeuvre maîtresse, le début de l'art conceptuel, le changement de paradigme le plus important de l'histoire, le «Vous trouvez que ce n'est pas joli, mais c'est le but ! Ce qui importe c'est l'idée !» que tous les professeurs ont rabâché dans leur vie, ça avait quelque chose de proprement troublant. Et puis j'ai réalisé que je me trouvais face à un urinoir avec une signature...

Yvan Pierri

Vacances en bibliothèque 

Pendant que mes amis prenaient du bon temps sur des plages de sable fin, j’avais le nez plongé dans un travail universitaire. J’ai passé mon été dans ma seconde maison: la BCU (Bibliothèque cantonale universitaire). Je n’ai donc pas bronzé et mon teint s’apparente à celui d’un vampire. Mais finalement, avec la canicule qui s’est abattue sur l’Europe au mois de juillet, je n’étais pas si mal lotie: j’avais le calme et la climatisation. Les autres profitaient des rayons du soleil et moi, de ceux de la BCU!

Elodie Fessler

La déveine de Céline

En vacances, il y a ces amis qui ont moins de chance que d’autres. Céline en fait certainement partie : d’abord, elle a fait la rencontre électrisante d’une méduse. Que dire à son amie qu’on avait rassurée en lui disant : « Cette fois, il n’y a pas d’algues et ce n’est pas parce que tu ne vois pas le fond de l’eau que c’est dangereux ! » ? La pauvre a passé le reste de l’après-midi au bord de l’eau, son chapeau plus large qu’elle sur la tête. Le lendemain, dans le bus, un enfant malade qu’un père futé avait fait asseoir face contraire au sens de conduite a vomi… sur Céline qui dormait jusqu’ici paisiblement. Santé !

Lise Schaller

Accent AOC

Cette année n’est pas coutume, je suis partie à Lyon en autostop avec mon amie d’enfance. De la hippie qui fume au volant au déménageur admiratif, notre voyage fut des plus instructifs. Le moment fort de cette épopée fut notre arrêt pique-nique-toilette à la frontière et notre tentative avortée de faire du pouce devant. Sachez mes amis, qu’il est interdit de faire de l’autostop à la douane. Après que le garde-frontière se fut détendu devant nos papiers d’identité suisses, il nous ramena gentiment vers un arrêt de bus tout en nous vantant les mérites du chemin de fer suisse. Devant l’infructueuse suite de notre parcours nous décidons de tenter notre chance au parking de l’aéroport de Genève avec notre petit écriteau. Sourires complices entre Fribourgeois, quel ne fut pas notre soulagement d’entendre le doux accent de la Gruyère. Quelles retrouvailles de compatriote ! C’est ainsi que nous avons repris la route vers chez nous, tché don !

Mélodie Rossier

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