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«On n’ose plus nous offrir des fleurs»

Aussi loin que remonte sa mémoire, Odile a toujours voulu devenir fleuriste. © DR
Aussi loin que remonte sa mémoire, Odile a toujours voulu devenir fleuriste. © DR
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15.02.2021

Parle-moi de ton taf!

Odile Gavillet, 23 ans, évoque son métier de fleuriste avec chaleur.

«Aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours voulu devenir fleuriste. Ça a dû me venir de ma proximité avec la nature: j’ai grandi à la campagne à Posat, mon père était agriculteur. J’étais tout le temps dehors et, lorsque nous allions nous balader en forêt, je cédais ma place dans la poussette aux trucs que je ramassais, parfois pour construire des cabanes. Ma mère a toujours été sensible à l’art, ça a peut-être influencé mon envie de créer.

A 14 ans, j’ai fait un stage chez le fleuriste Asclépiade, à Bulle. Je m’y suis sentie merveilleusement bien et j’ai aussitôt accepté lorsqu’il m’a proposé de faire un apprentissage puis de rester après ma formation. Je m’estime chanceuse parce qu’il y a peu de tournus dans le métier.

Le métier de fleuriste présente un double aspect social et artistique. Si tous les clients ont en commun le souhait d’offrir des fleurs, entre un dernier hommage et un anniversaire, les occasions peuvent être très différentes. Il faut savoir se mettre à leur écoute pour composer le message qui corresponde à leurs attentes.

Je ne me lasse pas des fleurs et je regrette de ne pas en recevoir davantage. Malheureusement, les gens n’osent pas offrir des fleurs à un fleuriste. Ah, s’ils voyaient mon appartement… Il ressemble à un jardin botanique. Ma fleur de prédilection, ça doit être l’hellébore. Tantôt blanc, tantôt bordeaux foncé, pur et fin, il fleurit essentiellement l’hiver, ce qui est inhabituel. Il a quelque chose de précieux, de féerique. Ça doit refléter mon amour des petites choses.

Je salue la décision du Conseil fédéral de ne pas contraindre les fleuristes à la fermeture parce que je crois qu’on sous-estime l’importance des fleurs dans l’équilibre d’une vie. Et les clients nous le confirment dans leurs retours. En mettant du frais dans une maison, les émotions que les fleurs évoquent ont un effet positif sur la santé mentale.» Louis Rossier

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