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Plusieurs amants ou rien!

Sur une base de confiance et de ­transparence, certains jeunes acceptent que leur partenaire aille voir ­ailleurs. © Clara Kunz
Sur une base de confiance et de ­transparence, certains jeunes acceptent que leur partenaire aille voir ­ailleurs. © Clara Kunz
12.12.2017

Des jeunes couples, qui tolèrent les aventures extraconjugales, témoignent

Clara Kunz

Sexualité »   «Même si j’aime mon homme, il m’arrive de draguer d’autres personnes, ça se fait tout seul.» Anastasia*, 21 ans, est en couple avec Jean*, 28 ans, depuis trois ans. Ils se sont fiancés l’an dernier. Un statut qui ne les empêche pas de fréquenter d’autres partenaires. «Je ne suis pas pour autant une salope, j’ai des principes: pas de gars en couple, par exemple», précise Anastasia, qui reconnaît «aimer se sentir désirée». D’autres fiancés deviendraient verts de jalousie, mais Jean a choisi de l’accepter. «On me dit que je devrais davantage montrer qui est le patron, avoue-t-il. Mais ce n’est pas parce que je ne la satisfais pas sur le plan sexuel qu’elle va voir ailleurs, c’est simplement qu’on avait envie d’expérimenter d’autres choses.»

Communication libérée

S’ils sont épanouis dans ce mode de vie, celui-ci a nécessité quelques aménagements. Outre la transparence, l’agenda hebdomadaire fut aussi sujet de discussions: «Il nous a fallu établir la priorité de notre couple et la place accordée aux amants.» Ensemble depuis deux ans, Chris*, 24 ans, et Oriane*, 22 ans, ont de leur côté décidé de bannir leurs éventuels partenaires du lit conjugal. «Pour nous, la fidélité dépend de la confiance et non de l’exclusivité», explique la Fribourgeoise, qui écoute volontiers le récit des aventures de son petit copain. «Ça a libéré la parole au sein de notre couple, sourit-elle. Je sens que je peux absolument tout lui dire, jusqu’à mes fantasmes les plus secrets.» En dédiabolisant des sujets d’ordinaire tabous, ces couples non exclusifs semblent atteindre une complicité rare: «Grâce à cette communication, j’ai découvert une autre partie de moi-même», déclare Oriane.

Fantasme pour certains, hantise pour d’autres, cette forme de libertinage divise. «Les gens y voient une forme de débauche, ou s’imaginent un baisodrome à ciel ouvert», se désole Jean. Chris le rejoint: «Il faut comprendre que cette émancipation se limite à notre seule sexualité.» Sophie*, 24 ans, affirme de son côté rencontrer peu de réactions négatives: «C’est presque toujours bien reçu. Certains mecs sont attirés par moi pour cette raison.» Cette mère de deux enfants cultive toutefois la discrétion dans le souhait de ne pas les influencer. De la même manière, Jean et Anastasia renonceront à ces aventures au moment de fonder une famille: «Nous n’exposerons pas nos enfants avant qu’ils ne soient en âge de comprendre.» Oriane et Chris, de leur côté, rejettent cet argument: «Comme pour les couples homosexuels, le regard des autres est pesant, reconnaît Oriane. Mais on expliquera à nos enfants que même si papa et maman s’aiment, il leur arrive d’aimer d’autres personnes.» Et Chris de conclure: «Renoncer à notre liberté serait nous mettre des barrières dans la seule intention de préserver les apparences.»

* Prénoms d’emprunt

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