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Afin de faire connaître la pole dance au plus grand nombre, l’école Polemovement Dance Studio propose des cours d’initiation

Johanna Bourgknecht anime des cours d’introduction à la pole dance et aspire à ouvrir la discipline à un public plus large. © Héloïse Hess
Johanna Bourgknecht anime des cours d’introduction à la pole dance et aspire à ouvrir la discipline à un public plus large. © Héloïse Hess

Rémi Alt

Publié le 14.03.2022

Temps de lecture estimé : 3 minutes

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Sport » La pole dance, danse pratiquée autour d’une barre, tend aujourd’hui à se populariser dans l’opinion publique. Johanna Bourgknecht, adepte assidue de la discipline depuis plus de 4 ans à l’école Polemovement, à Fribourg, anime dans cette perspective des cours d’initiation à la pole. A 20 ans, cette étudiante en médecine souhaite provoquer un déclic chez les intéressés timides qui n’osent pas s’y essayer. «Le cours particulier pour hommes a notamment pour but de montrer que ce sport n’est pas réservé aux femmes, que certaines différences physiques peuvent être exploitées dans le style de danse par exemple», soutient Johanna. Depuis peu, de plus en plus de compétitions sont organisées avec comme objectif d’internationaliser la pole dance. «La danse n’est pas vraiment considérée comme un sport, notamment à cause de son côté artistique», affirme la poleuse fribourgeoise. «Je pense que c’est en partie ce qui discrédite cette discipline.»

Vertus physiques et mentales

Quentin Zbinden, étudiant de 22 ans en sciences biomédicales à l’Université de Fribourg, a testé la pole récemment aux cours d’introduction de Polemovement. «Initialement, j’avais quelques préjugés. Certaines de mes connaissances lient immédiatement la pole dance au strip-tease», reconnaît le jeune Fribourgeois, avant de renchérir à propos du cours: «C’était incroyable! J’ai découvert des mouvements que je ne soupçonnais même pas pouvoir faire.» Au-delà de l’aspect physique, de nombreux témoignages font part d’une prise de confiance autour de la barre: «Le fait d’être en grande partie dénudée, d’être entourée de miroirs et d’oser faire des figures sportives qui demandent des capacités, ça force à voir son corps différemment», relève Johanna, en insistant sur l’importance de la sensualité dans le développement du rapport au corps.

Monica Aceti, chercheuse associée à l’Institut de recherches sociologiques de l’Université de Genève et chargée de cours à l’unité des Sciences du mouvement et du sport à l’Université de Fribourg, donne une importance toute particulière à cette valorisation mentale de la pole dance. «Tout comme il existe des espaces où les hommes se retrouvent, il est aussi bienvenu qu’il y ait des espaces d’intimité pour les femmes qui permettent en l’occurrence l’empowerment, c’est-à-dire une (re)prise de confiance en soi et en ses capacités physiques», appuie la sociologue, justifiant la non-mixité dans le cadre des cours de pole. Pour elle, la perception sociale de la pole diffère en fonction de la façon dont elle est pratiquée. «Au fond, toutes les danses font appel à la sensualité», assure Monica Aceti. «Or, la pole dance pratiquée dans sa version sportive et acrobatique ne fait pas ou plus référence à ce registre, mais rejoint celui de la prouesse athlétique. Cela dépend donc de comment on la pratique», termine-t-elle.

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