La Liberté

Sous une pression énorme

Certains écoliers sud-coréens font des burn-out à cause de la pression scolaire. © Kessey Dieu
Certains écoliers sud-coréens font des burn-out à cause de la pression scolaire. © Kessey Dieu
28.08.2018

L’examen d’entrée à l’université est crucial pour les collégiens sud-coréens

Kessey Dieu

Corée du Sud » «Lorsque je vais à l’école, il fait nuit. Lorsque j’en reviens, il fait toujours nuit. C’est un peu déprimant. Je n’ai jamais l’occasion de voir les arbres fleurir», raconte Seo-hyeon Park, élève en dernière année de la Gyeongsan Girls’ High School, au sud-est de la Corée du Sud.

Dans ce pays, les collégiens passent leurs journées à étudier, mais pas seulement. Après les cours, ils révisent jusqu’à très tard pour se préparer au suneung, l’examen d’admission à l’université. La préparation à cet examen final est décrite comme étant infernale par les élèves.

Bérénice Depeursinge, âgée de 20 ans étudie actuellement au Collège Saint-Michel, à Fribourg. Elle a passé une année en tant qu’élève d’échange à la Busan International High School, au sud de Gyeongsan, durant l’année 2014-2015. Elle n’en revient toujours pas du nombre d’heures que les jeunes Coréens consacrent aux études. «Ils n’ont pas de vie en dehors de l’école. Ils étudient très tardivement le soir et n’ont jamais l’occasion de sortir», relate la jeune femme.

Jusqu’à 4 h du matin

Une fois les cours terminés, les élèves ne rentrent en effet pas directement à la maison. Ils restent travailler à l’école ou vont suivre des cours supplémentaires dans des hagwon, des établissements privés ayant pour but de les préparer au suneung. Après cela, ils continuent à étudier chez eux, parfois jusqu’à 4 h du matin, comme a pu l’observer Bérénice, qui vivait dans un internat. «Dans mon école, l’électricité était coupée à 1 h du matin pour que les élèves aillent se coucher, raconte l’étudiante fribourgeoise. Beaucoup continuaient toutefois à travailler avec des lampes de poche jusqu’à 3 h ou 4 h, alors qu’on devait se lever à 7 h pour déjeuner.»

Cette pression suscite une compétition particulièrement rude entre les élèves, lesquels se sentent obligés de donner le meilleur d’eux-mêmes. «Tout le monde autour de moi travaille dur. Je me dis donc que je dois moi aussi faire de mon mieux», confie Seo-hyeon, qui continue à réviser jusqu’à 2 h du matin une fois rentré à la maison.

Les jeunes étudiants coréens sont donc soumis à un stress constant, qui peut parfois leur être fatal. «Il arrive que d’excellents élèves échouent à l’examen final à cause de la trop grande pression», explique la collégienne, qui estime qu’il est injuste que l’avenir des étudiants dépende d’un seul examen. On dit en effet souvent du suneung qu’il peut briser un avenir.

Une fois cet examen passé, les choses changent cependant, comme en témoigne Ye-jin Heo, étudiante en littérature anglaise à la Ewha Womans University de Séoul: «A l’université, il y a moins de pression. Nous n’avons plus à nous préparer au suneung et ne devons donc plus étudier vingt-quatre heures sur vingt-quatre comme au collège. De plus, nous pouvons composer librement notre emploi du temps.» Les écoliers sud-coréens doivent donc tenir bon jusqu’à l’université, où ils peuvent enfin souffler.

UNE LIBERTÉ ABSOLUE!
UNE LIBERTÉ ABSOLUE!

Toute l’actualité de La Liberté sur vos supports numériques dès Fr. 9.- /mois !

Abonnez-vous à notre playlist Spotify
Abonnez-vous à notre playlist Spotify

Découvrez les playlists Spotify de La Liberté.

Articles les plus lus
Dans la même rubrique
La Liberté - Bd de Pérolles 42 / 1700 Fribourg
Tél: +41 26 426 44 11 / Fax: +41 26 426 44 00