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Une «assurance-vie» explosive

Rares il y a quelques années, les femmes représentent désormais un quart des adeptes de krav maga en Suisse. © DR
Rares il y a quelques années, les femmes représentent désormais un quart des adeptes de krav maga en Suisse. © DR
10.07.2018

Développé par l’armée israélienne, le krav maga est également adapté aux civils. Il allie self-défense et tactiques de combat

Kim de Gottrau

Sport »   Une dizaine d’hommes s’alignent devant Cédric Guillet, instructeur de krav maga à Lausanne et président de la fédération Krav Maga Global Suisse. Après s’être salués et échauffés, les sportifs forment des paires et, dans un jeu de rôle entre agresseur et agressé, s’entraînent à se défendre en cas d’attaque par-derrière. Les mouvements s’enchaînent, entre explosivité et réactivité.

Créé par l’armée israélienne et adapté pour les civils, le krav maga est un système complet de self-­défense qui inclut des tactiques de combat et dont le but est une défense efficace en situation de stress, grâce à des ­réflexes naturels. Yann Schnegg, 25 ans, trouve «passionnant de pouvoir rendre optimal chaque mouvement du corps». Or, ce n’est pas un sport de combat puisqu’il n’y a pas de compétitions. «Tous les coups sont permis, donc on ne peut pas faire de compétitions», explique David, président de Krav Maga Genève. Il travaille dans les forces de l’ordre et préfère taire son nom de famille. «Le risque de blessure serait beaucoup trop grand.» Pourquoi ne pas fixer de règles? «Le krav maga doit offrir un maximum de possibilités techniques pour pouvoir répondre et mettre fin à une agression», affirme-t-il avec calme.

Les coups peuvent être dan­gereux mais les instructeurs, conscients de leurs responsabilités, insistent sur le fait que le krav maga n’est à utiliser qu’en cas d’agression, et seulement en dernier recours. Ils apprennent à leurs élèves à «respecter le cadre légal et notamment l’article 15 du Code pénal sur la légitime défense», détaille Cédric Guillet. «On leur apprend en premier lieu à s’éloigner et à juger avant tout si la situation est dangereuse ou non», renchérit Peter Bischoff, secrétaire de Krav Maga Genève. Au-delà de l’aspect défensif, le krav maga améliore la force psychique de ses pratiquants. «On travaille aussi la résilience et le renforcement de la confiance en soi», ajoute Cédric Guillet.

Il y a des participants de tous milieux et de tous âges. «Aux débuts du krav maga en Suisse en 1995, 80% des gens étaient des policiers, analyse David. Maintenant, ils ne représentent plus que 5-10%.» Par ailleurs, il y a actuellement un quart de femmes dans les clubs alors qu’elles étaient encore rares dans les années 2000.

Envie de savoir se défendre

Ces instructeurs constatent que les pratiquants ont envie de savoir se défendre ou défendre leurs proches si besoin. David ­Bouça, 17 ans, pratique le krav maga depuis deux ans: «C’est mieux de faire de la prévention plutôt que de ne pas savoir se défendre si on est en danger», estime-t-il. Et Cédric Guillet de faire le parallèle: «C’est un peu comme une assurance-vie, on ne sait pas quand on va l’utiliser.»

www.kravmagaglobal.ch

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