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Une énième rentrée dans les pattes

Et si ce semestre, j’apprenais de mes erreurs et j’organisais mieux ma semaine? © Lise Schaller
Et si ce semestre, j’apprenais de mes erreurs et j’organisais mieux ma semaine? © Lise Schaller
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13.09.2021

Y’en a marre!

La rentrée universitaire a lieu dans une semaine. Notre chroniqueuse partage ses sentiments mitigés en cette journée déjà mille fois vécue.

L’école a repris, pour certains depuis plusieurs semaines déjà. Pour moi l’universitaire, les cours reprennent dans une semaine. Encore une fois. Je préfère ne plus compter, comme une trentenaire en crise qui préfère nier son âge. C’est qu’il n’est pas uniquement question de retourner en cours. C’est très bien, les cours – le problème, c’est ce sentiment de tout reprendre à zéro, éternellement. Un nouveau sujet, un nouvel enseignant, une nouvelle manière de faire, il faut toujours tout réimprimer, tout repenser, et je le sais d’avance: quand j’aurai enfin l’impression d’avoir une routine et de m’être plongée dans un sujet, il sera question d’examen. Et de nouvelle rentrée. Et de nouvelle organisation. De nouveau sujet, de nouvelle enseignante, de nouvelle routine.

Je commence à croire qu’à 80 ans, sur mon lit de mort, je rêverai de rentrée. L’aide-soignante entrera dans ma chambre à la mi-septembre, je secouerai ma main encore valide pour lui dire: «Oui, je sais, je dois encore vous envoyer mon sujet d’exposé. Et non, je n’ai pas encore lu le poème d’Horace. Et non, l’article non plus.»

La rentrée, c’est aussi se complaire dans les mêmes agréables illusions, chaque semestre. C’est de croire que cette fois, on ne procrastinera rien. Qu’on gérera mieux le stress, qu’on rendra tous ses devoirs sans faute, qu’on ira au fitness tous les mardis et à la piscine les jeudis, qu’on reprendra le piano parce que quand même, c’était sympa, qu’on boira moins d’alcool les week-ends et qu’on prendra enfin le temps de lire autre chose que ce qu’on est forcé de lire pour les cours. La rentrée, c’est l’occasion à la fois d’effacer ses erreurs, et d’être déçu pour la énième fois parce que rien ne fonctionne comme on l’avait espéré. Bref, c’est à nouveau la rentrée. Et ce semestre, c’est certain: je me mettrai à mes travaux de séminaire dès le mois d’octobre. Lise Schaller

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