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«Une vraie école de vie»

Présentes en Suisse depuis le XIXe siècle, les sociétés estudiantines ont toujours le vent en poupe, aussi à Fribourg. Présentation

La Nuithonia organise une rencontre hebdomadaire dans son local, ouverte à toute personne intéressée. © Heloïse Hess
La Nuithonia organise une rencontre hebdomadaire dans son local, ouverte à toute personne intéressée. © Heloïse Hess

Chiara Bovigny

Publié le 12.11.2022

Temps de lecture estimé : 3 minutes

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Vie estudiantine» Les sociétés estudiantines naissent dès la fin du XVIIIe siècle en Europe, sous l’impulsion de nouvelles formes de relations sociales. En Suisse, des sociétés gymnasiales et universitaires voient le jour avec la création des universités modernes au XIXe siècle. «Dans le cadre du Kulturkampf à la fin de ce siècle, la confession et le bord politique des membres devinrent des critères de différenciation», note l’historien Bernhard Altermatt.

Il explique que la majorité des sociétés estudiantines suisses se regroupent aujourd’hui en trois faîtières, dont la plus grande, anciennement conservatrice et fédéraliste, est la Société d’étudiants suisses (SES). D’abord réservée aux hommes, elle s’ouvre aux femmes en 1968, puis aux réformés en 1977 et évolue socialement en accueillant tout étudiant et étudiante.

« Nous proposons un cadre de rencontre réelle et de partage, avec pour but de transmettre des valeurs et idéaux»
Alisson Dekumbis

La Suisse compte à ce jour entre 100 et 200 sociétés d’étudiants, souvent mixtes, avec une section d’actifs et une d’anciens. A Fribourg, il existe trois sociétés du secondaire II, telle que la Nuithonia fondée en 1845, ainsi qu’une dizaine d’associations rattachées à l’Université et aux hautes écoles spécialisées, dont les Staufer nés en 1937.

Les associations se distinguent entre elles par une casquette et un ruban distinctifs. «Les couleurs et l’arrangement indiquent l’appartenance à une société ainsi que le statut hiérarchique d’un membre», explique Marc O’Callaghan, 24 ans, membre des Staufer.

En revanche, elles partagent certaines traditions anciennes, à l’instar du chant, ainsi que les mêmes valeurs centrales de la SES – l’amitié, la vertu et les sciences. «Chaque société est un cercle d’amis qui offre un cadre associatif stable et un point d’ancrage à Fribourg, ce qui permet à de nouveaux étudiants de créer des liens et d’avoir des contacts, aussi avec d’autres sociétés», rapporte Marc.

Rencontres et sorties

Pour ce qui est du programme, la réalité est éloignée des clichés (soirées trop arrosées ou rituels de charriage pour les nouveaux membres). La Nuithonia, tout comme les Staufer, organisent des rencontres hebdomadaires dans leurs locaux, des sorties culturelles avec leurs membres et participent à la vie associative de la ville de Fribourg, notamment lors de la procession de la Fête-Dieu. «Nous voyageons aussi à l’étranger pour des rencontres internationales et chaque année dans une ville suisse où a lieu le grand rassemblement de la SES», relate Charlotte Mazenauer, 22 ans, de la Nuithonia.

Si le recrutement de nouveaux membres reste difficile, surtout depuis la pandémie, les sociétés sont toutefois confiantes face à l’avenir. Alisson Dekumbis, 21 ans, membre de la Nuithonia, conclut: «Dans notre société hyperconnectée, nous proposons un cadre de rencontre réelle et de partage, avec pour but de transmettre des valeurs et idéaux. C’est une vraie école de vie.»

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