La Liberté

On ferme les yeux sur l’Ethiopie

19.11.2019

«Le monde ferme les yeux sur la situation en Ethiopie», prévenait, il y a un an déjà, Nigel Tricks, directeur régional du Conseil norvégien pour les réfugiés. Ces derniers mois, alors que certains médias célébraient sans réserve le premier ministre, Abiy Ahmed, la situation a empiré. Plus de 3,2 millions d’Ethiopiens ont dû fuir leurs foyers en raison de violences, des milliers sont morts en trente ans. Les tensions ont augmenté de manière dramatique dans toutes les régions du pays.

A fin octobre, 67 personnes originaires de l’ethnie Amhara ont été tuées dans la région d’Oromia et 230 blessées au cours d’affrontements violents qui ressemblent à des épurations ethniques. Certains experts craignent un éclatement du pays.

Depuis des mois, des églises et maisons sont régulièrement brûlées, des hommes et des femmes assassinés. L’Etat, incapable de maintenir la loi et l’ordre, a recommencé à emprisonner pour des motifs politiques.

Dans ce contexte périlleux, en Suisse le Secrétariat d’Etat aux migrations a recommencé, discrètement, à expulser des requérants d’asile vers l’Ethiopie. En parallèle, il maintient des centaines d’autres, depuis des années, dans le désespoir de l’aide d’urgence ou la précarité des permis F, qui rendent toute intégration très difficile.

Il faut mettre un terme à ce scandale. Les autorités suisses et occidentales doivent ouvrir les yeux sur le drame en cours en Ethiopie. Les expulsions vers ce pays doivent être stoppées. Et la situation des réfugiés éthiopiens en Suisse doit être régularisée.

Ephrem Tewolde, collectif

La Poya Solidaire, Fribourg

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