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Faire notre cinéma est une tradition familiale

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19.05.2020

Lettre à nos aînés

Chère Tata Michèle,

Je sais que tu n’aimes pas que je t’appelle comme ça. Tu préfères que je t’appelle «choukinette».

On vit d’étranges semaines, pas vrai? N’avoir pas pu dire au revoir à Dédée, ta sœur, ma dernière grand-maman, a initié une période de confusion et d’incertitudes. Mais ton éternelle bonne humeur, qui transparaît dans chacun de tes messages de La Crèche – nom du groupe WhatsApp où tu as réuni tes proches et ceux que tu aimes –, met des couleurs dans ces journées un peu grises et monotones.

Par coquetterie, je tairai le nombre de printemps que tu as au compteur… tu es une pâquerette en floraison constante, de toute façon!

Tes becs me manquent. Tes caresses sur ma joue aussi. Les moments que nous partageons, au cinéma, en mangeant ensemble ou en prenant l’apéro me semblent si lointains. L’amour du cinéma, des belles choses, nous réunit. J’aime quand tu me tiens la main dans la salle obscure lorsque tu sens que je suis débordée par l’émotion. Le cinéma, tu connais bien… ton papa, mon arrière-grand-papa, était propriétaire du Cinéma Royal aux Grand-Places, puis a géré le Rex quelques années. Est-ce que je t’ai parlé de ce document que j’ai trouvé? Grand-papa, en 1936, était en bisbille avec le patron du Livio… une histoire de prix des places (de 70 ct. à 1 fr. 70 … ça fait rêver) et de vente de boissons. Je te remettrai ces 155 pages qui m’ont émue.

Tu es toujours partante pour partir en piste! Nos éclats de rire ne peuvent cacher le plaisir que nous avons à passer des moments complices et trahissent, parfois, notre penchant pour les bons vins et la bonne chère. J’en ris… tu tiens mieux la route que moi!

Chère choukinette, ton rire sonore, tes sorties exceptionnelles, ton non-respect des conventions et ton franc-parler me manquent. Nous nous ressemblons tellement. Nous vibrons sur les mêmes fréquences.

Bientôt, nous rirons, nous nous serrerons dans les bras et lèverons nos verres, heureuses d’avoir réussi à zigzaguer entre les gouttelettes du vilain poilu. Je t’aime… et je sais que tu vas me détester d’avoir écrit cette «lettre à nos aînés»… oui, parce que définitivement, ton âme a la fraîcheur de celle d’une jeune fille!

A bientôt! Tendres becs.

Stéphanie Tschopp Lectrice, Fribourg


» Cette opération de solidarité est lancée de concert avec d’autres quotidiens régionaux de Suisse romande: Le Quotidien Jurassien dans le Jura, Arcinfo à Neuchâtel, Le Journal du Jura (Berne francophone) et Le Nouvelliste, en Valais. La Côte, basée à Nyon, et le magazine Générations se sont également joints au mouvement.

Mais la solidarité ne se confine évidemment pas aux seules rédactions. C’est pourquoi nous vous lançons un appel, à vous, chers lecteurs: écrivez vous aussi votre lettre à nos aînés et faites-nous la parvenir par courriel à l’adresse suivante: redaction@laliberte.ch. Nous publierons les plus belles dans nos prochaines éditions.

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