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Une année sous haute tension

Présidé par Nuria Gorrite, le Gouvernement vaudois aura l’énergie et le climat au nombre des dossiers chauds à traiter en 2020. © Keystone-archives
Présidé par Nuria Gorrite, le Gouvernement vaudois aura l’énergie et le climat au nombre des dossiers chauds à traiter en 2020. © Keystone-archives
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07.01.2020

Plan climat, discordes canton-communes et fiscalité: plusieurs défis attendent le canton en 2020

Sophie Dupont

Prospective » Cette année, le visage du Gouvernement vaudois changera un peu avec la succession de Jacqueline de Quattro. Entre urgence climatique, pression de la droite pour une baisse de la fiscalité et guerre ouverte entre canton et communes sur la péréquation, le nouveau collège devra gérer plusieurs dossiers chauds. Tour de piste.

1 Un plan climat très attendu

Aujourd’hui, le parlement débat d’un des gros dossiers de l’année, soit la modification de la loi sur l’énergie, qui prévoit une augmentation de la taxe sur l’électricité de 0,18 à 0,6 centime par kilowattheure. Les députés devraient l’entériner sans trop de vagues.

Le plan climat, qui devait quant à lui être présenté cet automne, se fait toujours attendre. Les activistes du climat ont vivement critiqué cet outil qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre conformément aux accords de Paris. Consultés par le gouvernement après les premières grèves du climat, ils estiment que leurs revendications n’ont pas été entendues. Les Verts et le centre attendent des investissements importants. Le Parti socialiste sera pour sa part attentif à ce que les mesures prévues soient sociales et que le canton n’instaure pas une «politique néolibérale» du changement climatique.

2 Guerre ouverte sur la péréquation

Canton et communes s’écharpent sur la répartition de la facture sociale, actuellement prise en charge à 50% par les communes et à 50% par l’Etat. Des négociations auront lieu ce mois. Le ras-le-bol de certaines communes, qui s’estiment trop lourdement ponctionnées, a trouvé un écho en fin d’année lors des débats budgétaires au Grand Conseil, où de nombreux syndics et municipaux siègent comme députés.

L’UDC s’est fait le porte-voix des communes, en annonçant qu’elle refuserait le budget. Le PLR déplore le fardeau qui pèse sur les communes, mais s’inquiète pour leur autonomie dans le cas où l’Etat reprend entièrement à sa charge la facture sociale. Le PS se préoccupe pour sa part des charges des villes-centres. Les partis appellent à une accélération des discussions.

3 L’autonomisation du CHUV divise

Le CHUV sera-t-il gouverné par un conseil d’administration? La droite a fait passer de justesse en juin dernier une initiative pour l’autonomisation de l’établissement universitaire, qui dépend pour l’instant directement du Département de la santé. Opposé à l’initiative, le Conseil d’Etat pourra présenter un contre-projet. Le parlement devrait débattre du CHUV cette année. En autonomisant l’hôpital, la droite veut lutter contre le risque de conflits d’intérêts. La gauche y voit pour sa part une menace de privatisation du service public. En cas d’acceptation de l’initiative, elle a déjà annoncé qu’elle la combattra par référendum.

4 Offensive sur les impôts

La droite s’allie pour s’attaquer à l’imposition des particuliers. PLR, UDC et Vert’libéraux se sont mis d’accord pour déposer plusieurs objets d’allégements fiscaux dans le courant de l’année. Six mesures en ce sens ont été présentées l’été dernier par la «Fédération des contribuables», qui réunit des élus du centre-droite. L’UDC se retrouve par contre isolée dans sa volonté de baisser le taux d’imposition des entreprises, qui avait déjà diminué à 13,79% après l’acceptation de la RIE III par les Vaudois.

Un premier pas pour la baisse d’impôts des particuliers a déjà été franchi, avec l’entrée en vigueur le 1er janvier de déductions fiscales pour les primes-maladie. Elles sont le fruit de l’initiative des Jeunes libéraux-radicaux «Une baisse d’impôts pour la classe moyenne.»

5 Phase décisive pour l’intégration scolaire

Le Concept 360, qui vise l’intégration des élèves en difficulté à l’école ordinaire, se déploie petit à petit depuis la rentrée scolaire de septembre. Combien d’enfants seront concernés par un accompagnement? Quels moyens financiers sont nécessaires? A peine mise en œuvre, l’école inclusive essuie déjà les critiques de la droite, qui juge ses coûts peu clairs.

Quant à la gauche, elle espère que des moyens suffisants seront déployés pour un accompagnement de qualité. L’école fera aussi l’objet de négociations entre les communes et le canton, pour savoir qui paie le matériel nécessaire à l’éducation numérique ou les camps et sorties scolaires, qui ne peuvent plus être facturés aux parents.

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