La Liberté

Emmanuel Emenike, bulldozer nigérian

30.06.2014

France-Nigeria • Emmanuel Emenike, avant-centre du Nigeria, n’a toujours pas marqué au Brésil. Mais le joueur de Fenerbahçe sera l’un des principaux dangers pour l’équipe de France en huitième de finale de la Coupe du monde, lundi à Brasilia (18 h).

Julien Pralong, Rio de Janeiro

Si l’on en croit la seule statistique, Emenike, co-meilleur buteur de la dernière CAN remportée par les Nigérians, est en train de rater son Mondial. La réalité est cependant toute autre. Car l’incessant travail de l’avant-centre est une composante essentielle du 4-2-3-1 du sélectionneur Stephen Keshi.

Surpuissant, le beau bébé (90 kg pour 1 m 82) pèse sur les défenses adverses, fatigue ses opposants directs, crée des espaces dans lesquels chercheront à s’engouffrer lundi les Odemwingie, Musa et autres Moses ou Babatunde, si ceux-ci sont remis de leurs blessures.

Emmanuel Emenike, âgé de 27 ans, était encore amateur en 2008, époque durant laquelle il marchait une heure et demie aller-retour pour aller à l’entraînement. Ses aptitudes athlétiques éveillent alors l’intérêt de plusieurs clubs et, s’il signe son premier contrat professionnel en Afrique du Sud, au Cap, en début d’exercice 2008/09, il n’y reste qu’une saison avant de partir à Karabükspor, une formation de 2e division turque.

Avec 16 réalisations, le Nigérian est désigné meilleur joueur de la ligue et endosse une très grande responsabilité dans la promotion dans l’élite de son équipe. En D1, Emenike frappe quatorze fois et s’ouvre ainsi les portes d’un des géants du Bosphore, Fernerbahçe. L’aventure commence néanmoins très mal pour l’avant-centre. Accusé d’avoir simulé une blessure avec Karabükspor pour ne pas disputer une rencontre contre le… Fener, le Nigérian, qui a passé une nuit au commissariat, quitte Istanbul direction le Spartak Moscou sans même avoir joué pour son nouveau club.

En trois saisons en Russie, Emenike marque vingt et un buts en quarante-deux parties de championnat mais il y subit des attaques racistes auxquelles il a durement répondu, face au Dynamo Moscou, écopant même d’une amende pour gestes inappropriés. Entre-temps, la vaste enquête de la justice civile sur le scandale des matches truqués en Turquie, qui a débouché sur la condamnation à six ans et trois mois de prison du président de Fenerbahçe Aziz Yildirim, innocente le Nigérian en avril 2013, pour «absence de preuve crédible». Le joueur retourne alors à Istanbul, contre la modique somme de 13 millions d’euros, et y constitue, avec l’ancien Lillois Moussa Sow, un redoutable tandem d’attaque qui conduit le club au titre national (15 buts pour le Sénégalais, 12 pour le Nigérian).

Et voici donc Emmanuel Emenike devenu le fer de lance des Super Eagles à la Coupe du monde au Brésil, avec comme prochaine mission de faire souffrir la jeune charnière française. Belle ascension pour un homme qui ne porte le maillot nigérian que depuis 2011 et qui a failli s’exclure tout seul de l’équipe nationale. Ayant fustigé publiquement ce qu’il considérait comme un manque d’attention de son sélectionneur et de la fédération alors qu’il était blessé, il avait subi les foudres de Keshi, lequel ne l’avait ainsi pas retenu pour la Coupe des Confédérations 2013. Avant de se raviser pour la fin des éliminatoires du Mondial. SI

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