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Heavy metal contre pain et saucisson

De nouveaux défis tactiques pour Jürgen Klopp (à gauche) et Carlo Ancelotti. © Keystone-archives
De nouveaux défis tactiques pour Jürgen Klopp (à gauche) et Carlo Ancelotti. © Keystone-archives
De nouveaux défis tactiques pour Jürgen Klopp (à gauche) et Carlo Ancelotti. © Keystone-archives
De nouveaux défis tactiques pour Jürgen Klopp (à gauche) et Carlo Ancelotti. © Keystone-archives
17.09.2019

En Ligue des champions, le Liverpool de Jürgen Klopp rend visite ce soir au Naples de Carlo Ancelotti

Football » Un simple sourcil qui se soulève jusqu’à des hauteurs insoupçonnées d’un côté, de l’autre de grands moulinets de bras et des poings battant l’air: Carlo Ancelotti et Jürgen Klopp, deux géants du banc de touche aux styles opposés, se retrouvent ce soir en Ligue des champions pour Naples - Liverpool. A l’époque du Borussia Dortmund, Klopp parlait de «football heavy metal» pour décrire le jeu débridé et électrique de ses équipes. Pour sa part, Ancelotti a souvent été classé en Italie parmi les entraîneurs «pain et saucisson», soit des travailleurs tranquilles et débonnaires. Mais même s’ils ont emprunté des chemins différents, la Ligue des champions était inscrite dans le destin des deux hommes.

Pour Ancelotti, qui l’avait déjà remportée en tant que joueur, elle a été en 2003 avec l’AC Milan le premier grand succès d’une carrière de coach entamée par une série de deuxièmes places qui commençait à dessiner une image de perdant. En triomphant la saison dernière avec Liverpool, Klopp a de son côté couronné son parcours et son histoire d’amour avec les Reds, tout en confirmant son statut de grand entraîneur.

Des retrouvailles

Dans une poule ultrarelevée qui accueillait aussi le Paris Saint-Germain, Klopp et Ancelotti s’étaient d’ailleurs déjà affrontés l’an dernier. Les deux duels s’étaient conclus par deux victoires 1-0 à domicile et par une qualification in extremis de Liverpool, au nombre de buts marqués, Naples restant ainsi sur le carreau. Leur route va encore se croiser ce soir au San Paolo et le contraste sera à nouveau frappant entre la dépense d’énergie de l’Allemand et la concentration contenue de l’Italien. Courses le long de la ligne de touche, sourires hallucinés et grimaces expressives: Klopp «est électrique», a résumé le milieu de terrain brésilien Fabinho dans un entretien à L’Equipe en janvier.

«Quand j’avais 17 ou 18 ans et que je ne donnais pas 100% à l’entraînement, il courait vers moi, collait son visage au mien et me hurlait dessus (...) tu dois mettre plus de passion! Il faut tout donner, p....!» s’était aussi souvenu l’attaquant Mario Götze dans un texte publié sur The Player’s Tribune. «Après l’entraînement, il était à nouveau complètement calme et il me prenait à part: Mario, comment ça va? Parlons de ta vie. Comment ça va en ce moment?» avait-il ajouté. «C’est une figure paternelle pour nous. Avec ses blagues et son langage corporel, il enlève de la pression», assure aussi le milieu néerlandais Georginio Wijnaldum.

Proche de ses joueurs

Ce côté protecteur a aussi accompagné toute la carrière d’Ancelotti, décrit par tous comme un technicien proche de ses joueurs et de son environnement de travail. Comme un bon vivant, aussi. «Ancelotti est comme le commissaire Maigret qui résout les enquêtes au restaurant. Ancelotti résout les problèmes en coupant des tranches de saucisson», a ainsi résumé le journaliste italien Fabio Caressa. L’ancien coach de l’AC Milan, du Bayern Munich, du PSG, de Chelsea et du Real Madrid ne tarit d’ailleurs pas d’éloges sur Naples, la Campanie et la gastronomie locale depuis son arrivée, lui l’homme du Nord. Le grand amour n’est pourtant pas totalement partagé et Naples, nostalgique de Maurizio Sarri, n’a pas encore pleinement adopté Ancelotti, recruté pour gagner et qui n’y est pas encore parvenu.

Seul le président Aurelio De Laurentiis semble absolument sous le charme. «Carlo est le Karajan du foot. Inflexible, mais de façon démocratique, irréprochable au plan culturel et exemplaire en amitié», a-t-il encore dit la semaine dernière, de façon assez mystérieuse. Ancelotti peut pourtant voir rouge et cela a été le cas jeudi, quand l’état des vestiaires du stade San Paolo, encore en travaux à moins de cinq jours du début de la Ligue des champions, lui a fait lever un peu plus qu’un sourcil. Dans un communiqué, «Carletto» s’est dit «consterné» et «indigné». Klopp l’a rassuré. «Je suis sûr qu’on aura un endroit pour se changer et prendre une douche. Tant qu’il y a le terrain et le reste, on joue.» ats

(legende)De nouveaux défis tactiques pour Jürgen Klopp (à gauche) et Carlo Ancelotti. Keystone-archives

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