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Toutes les portes sont ouvertes

Les Suisses se sont bien préparés lundi à Lucerne, mais ils n’ont pas pu jouer contre l’Ukraine hier soir. Keystone
Les Suisses se sont bien préparés lundi à Lucerne, mais ils n’ont pas pu jouer contre l’Ukraine hier soir. Keystone
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18.11.2020

En quarantaine, l’Ukraine n’a pas pu affronter la Suisse. Qui en ressortira gagnant?

Valentin Schnorhk

Football » L’équipe de Suisse n’a pas pu affronter l’Ukraine hier soir à Lucerne, après que cette dernière avait été placée en quarantaine. Le match ne se jouera pas, mais il y a une place dans l’élite de Ligue des nations à attribuer. La Suisse va-t-elle se maintenir en Ligue A? Hier matin, la réponse ne tenait qu’au terrain. En soirée, on ne le savait même plus. Faudra-t-il aller jusqu’aux tribunaux pour décider de ce Suisse-Ukraine? C’est l’éventualité la plus extrême, mais peut-être pas la moins probable. La décision du médecin cantonal lucernois de placer l’ensemble de l’équipe d’Ukraine en quarantaine ouvre du moins toutes les portes.

On peut deviner l’UEFA bien embêtée. Elle a d’ailleurs tardé à statuer officiellement sur le sort de la rencontre, au point que l’équipe de Suisse a dû patienter jusqu’en fin d’après-midi pour obtenir la confirmation de l’annulation. «Nous avons passé la journée à attendre, nous étions même prêts à jouer mercredi si l’Ukraine l’avait pu», a réagi Pierluigi Tami, directeur des équipes nationales. Signe, peut-être, que le scénario était honni par l’instance européenne. Mais Roger Harstall, médecin cantonal lucernois, l’a contrainte à l’envisager et surtout à y trouver des réponses. Car le test positif de Ruslan Malinovskyi, dont le résultat a été donné hier matin, a à peu près tout changé à l’issue de ce groupe de Ligue des nations. Ce diagnostic a été celui de trop.

Il faut dire que l’équipe d’Ukraine a empilé les cas ces derniers jours: cinq avant le match de samedi dernier contre l’Allemagne, puis trois lundi. Avec celui de Malinovskyi, le total se monte à neuf. Car les trois autres tests positifs révélés hier matin (Kryvstov, Moraes et un membre du staff) par la fédération ukrainienne concernaient des personnes ayant déjà contracté le Covid-19 et n’étant plus contagieuses.

Le médecin cantonal lucernois a fait son travail, histoire de stopper la propagation du virus. «Toutes les autres décisions liées au match sont de la compétence de l’UEFA», a-t-il communiqué. La confédération basée à Nyon n’a eu d’autre choix que de prononcer l’annulation: selon ses règlements, il faut 13 joueurs disponibles, dont un gardien, pour que la rencontre se dispute. «La fédération ukrainienne a confirmé qu’elle n’avait pas d’autres équipes, donc de joueurs éligibles, disponibles pour jouer le match aujourd’hui (mardi) ou demain (mercredi)», a statué l’UEFA, confirmant donc que la rencontre ne se disputerait pas du tout. Mais quel sera son sort?

Qui est responsable?

La boîte de Pandore est désormais ouverte. La situation que tout le monde voulait éviter. C’est l’Instance de contrôle, d’éthique et de discipline de l’UEFA qui devra trancher. Le match Suisse-Ukraine n’est pas la seule rencontre concernée cette semaine, après celle entre la Roumanie et la Norvège. Initialement prévue dimanche, cette partie n’a pas pu avoir lieu après que les Norvégiens avaient été interdits d’entrée en Roumanie suite à un cas dans leurs rangs. Les deux situations sont similaires et l’enjeu reste le même: à qui incombe la responsabilité, s’il y en a une?

En clair, l’Ukraine peut-elle être désignée responsable de la quarantaine assignée à son équipe mais prononcée par les autorités sanitaires lucernoises? C’est en effet le critère principal d’après le règlement édicté fin août par le Comité exécutif de l’UEFA pour les équipes nationales. Lorsqu’une équipe ne peut pas aligner 13 joueurs et que le match ne peut pas être reprogrammé, alors la fédération responsable de la situation voit son équipe perdre la rencontre 3-0 par forfait. Cela arrangerait bien la Suisse, qui obtiendrait son maintien.

Un tirage au sort?

Forcément, l’Ukraine ne doit pas vraiment souscrire à cette éventualité. Elle joue elle aussi sa place en Ligue A. Si sa responsabilité n’est pas considérée comme engagée, et celle de l’ASF non plus, alors les règlements prévoient une dernière éventualité: un tirage au sort. Sur la base de l’aléatoire, l’UEFA accorderait une victoire 1-0 à l’une des deux équipes ou un match nul 0-0. La Suisse ne serait pas vraiment avantagée.

Mais l’ASF n’est pas prête à se sentir flouée. Elle se dit même exemplaire: «Il y a un protocole de retour au jeu de l’UEFA assez clair et je sais ce que la Suisse a fait pour le respecter, mentionne Pierluigi Tami. Nous avons investi beaucoup d’énergie, pas seulement d’argent. Le constat que je fais, c’est que nous avons eu des cas positifs lorsque les joueurs sont arrivés en stage. Mais une fois entrés dans la bulle, les mesures mises en place étaient efficaces. Ce qu’on devait faire, on l’a bien fait: quand on met en place ce protocole, il fonctionne.» Qui aura le fin mot de l’histoire? ats

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