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Une élection qui s’annonce indécise

Jean-François Collet, Dominique Blanc et Kurt Zuppinger (de gauche à droite): trois candidats et trois visions différentes pour l’ASF. © KEYSTONE
Jean-François Collet, Dominique Blanc et Kurt Zuppinger (de gauche à droite): trois candidats et trois visions différentes pour l’ASF. © KEYSTONE
Jean-François Collet, Dominique Blanc et Kurt Zuppinger (de gauche à droite): trois candidats et trois visions différentes pour l’ASF. © KEYSTONE
Jean-François Collet, Dominique Blanc et Kurt Zuppinger (de gauche à droite): trois candidats et trois visions différentes pour l’ASF. © KEYSTONE
Jean-François Collet, Dominique Blanc et Kurt Zuppinger (de gauche à droite): trois candidats et trois visions différentes pour l’ASF. © KEYSTONE
Jean-François Collet, Dominique Blanc et Kurt Zuppinger (de gauche à droite): trois candidats et trois visions différentes pour l’ASF. © KEYSTONE
17.05.2019

Qui va succéder à Peter Gilliéron? Jean-François Collet, Dominique Blanc ou Kurt Zuppinger?

ASF » Les 101 délégués de l’Association suisse de football (ASF) désigneront demain à Ittigen le successeur de Peter Gilliéron, président prié de s’en aller après dix ans à la tête de la fédération. Avec comme candidats Dominique Blanc, Jean-François Collet et Kurt Zuppinger, ce ne sera pas uniquement un choix portant sur l’homme mais bel et bien le choix du visage futur de toute l’organisation.

En l’absence d’une personnalité s’imposant d’elle-même, les trois sections ont toutes lancé leur poulain. S’il est peu vraisemblable d’assister à une élection dès le premier tour – il faudrait 51 voix –, il y a en revanche fort à parier qu’un des trois aspirants soit d’ores et déjà assuré d’être au second tour. Assis sur les 47 voix dont dispose la Ligue amateur dont il est le président, Dominique Blanc (69 ans) partira avec un très net avantage.

Programme offensif

Difficile au contraire de savoir qui sera son adversaire entre Jean-François Collet (28 voix pour la SFL) et Kurt Zuppinger (26 voix pour la première ligue). Le Vaudois, ancien président du Lausanne-Sport et actuel directeur des tournois de tennis de Gstaad (ATP) et Lausanne (WTA), est celui des trois qui a pris le plus de risques en misant sur un programme offensif, orienté vers l’augmentation des revenus au prix d’une stratégie marketing et sponsoring agressive. Un discours qui a le mérite de proposer du concret et de promettre à l’ASF une entrée dans la modernité économique.

Kurt Zuppinger, tout comme Dominique Blanc d’ailleurs, est resté bien plus vague sur ses intentions. Ce que l’on sait de l’ancien président de la première ligue est qu’il est un meneur d’hommes hors pair, de par son expérience professionnelle (directeur des ressources humaines du département fédéral de Kaspar Villiger puis de Hanz-Rudolf Merz, aujourd’hui cadre supérieur dans le même domaine aux CFF). Et que l’Argovien est un fin politicien, en témoigne sa seule présence dans cette élection, lui que personne n’avait vu venir jusqu’à ce que la première ligue fasse son choix.

Evolution nécessaire

Zuppinger se veut rassembleur, et Blanc, qui s’est bâti un impressionnant réseau au fil de ses nombreuses années passées au cœur du football de base, veut accompagner l’ASF dans une évolution nécessaire, sans pour autant tout remettre en cause. Le Lausannois jouissait il y a encore peu d’une belle cote de popularité dans les arcanes, où tout le monde reconnaît sa maîtrise admirable des dossiers, mais son image aurait perdu de son éclat ces derniers jours, à en croire plusieurs personnes proches du dossier.

Sans critiquer ouvertement Peter Gilliéron, les trois candidats s’accordent sur un point: l’absence de stratégie globale à l’ASF, sauf peut-être autour de la sélection (masculine). La fédération, dont le budget oscille entre 60 et 70 millions de francs, est saine financièrement, tant que l’équipe A participe aux phases finales de la Coupe du monde et de l’Euro (ce qui, avec une formule respectivement à 48 et 24 équipes, est presque garanti aujourd’hui). Les résultats sportifs sont excellents compte tenu du réservoir à disposition, même si on constate un recul des performances des juniors. Il n’y a donc pas lieu de paniquer.

Beaucoup de chantiers

Les défis à venir n’en sont pas pour autant négligeables. Problèmes liés à la violence, perte de vitesse du football professionnel des clubs, qui doit faire face à une féroce concurrence internationale, irruption de nouvelles disciplines dynamiques qui attirent la jeunesse, absence de reconnaissance du statut des bénévoles du football de base, contrats de sponsoring et de droits TV arrivant bientôt à échéance, leadership dans les plus hautes sphères laissant à désirer: les chantiers ne manquent pas.

Il est à espérer que les délégués gardent tout cela en tête au moment de pénétrer dans l’isoloir pour y glisser leur bulletin (secret). Car le danger existe toujours d’assister à un vote purement «partisan», peu importe la qualité des profils et des candidats. L’âge de Dominique Blanc – 69 ans, Gilliéron en a 66 – sera-t-il un critère rédhibitoire, sachant que le Vaudois ne pourra siéger dans aucune commission de l’UEFA (limite fixée à 70 ans)? Le fait que Kurt Zuppinger soit sorti du monde du football ces quatre dernières années – sauf une participation au programme Hat-Trick de l’UEFA – fera-t-il hésiter l’assemblée? L’orientation économique de Jean-François Collet refroidira-t-elle des votants peut-être effrayés? Réponse demain en fin de matinée. ats

 

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