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Fora & Fora réunis au plus haut niveau

Nancy et Michael Fora dans les couloirs de la patinoire Saint-Léonard. Une image rare, tant les deux sportifs d’élite ont un emploi du temps chargé. © Alain Wicht
Nancy et Michael Fora dans les couloirs de la patinoire Saint-Léonard. Une image rare, tant les deux sportifs d’élite ont un emploi du temps chargé. © Alain Wicht
Gymnastique, basketball ou hockey sur glace, peu importe, Nancy Fora est ce genre de fille athlétiques et douées qui auraient excellé quoi qu'elles fassent. © Charles Ellena
Gymnastique, basketball ou hockey sur glace, peu importe, Nancy Fora est ce genre de fille athlétiques et douées qui auraient excellé quoi qu'elles fassent. © Charles Ellena
22.12.2017

Meneuse d’Elfic, Nancy est la petite sœur de Michael, capitaine d’Ambri, qui affronte ce soir Gottéron

Pierre Salinas

Basket/hockey »   Ce soir, Nancy Fora ne prendra pas place dans les gradins de la patinoire Saint-Léonard, où Fribourg-Gottéron accueille à 19 h 45 l’équipe dont son frère Michael est le jeune capitaine: Ambri-Piotta (lire aussi en page 19). Non, Nancy Fora (20 ans) ne sera pas là mais juste à côté, dans la salle du même nom, où la meneuse d’Elfic Fribourg et ses coéquipières fêteront la fin d’une année éprouvante marquée par une campagne d’EuroCup qui s’est achevée mercredi dans le sud-ouest de la France.

Les retrouvailles sont fixées au lendemain. «Au plus tard dimanche car il est prévu que nous allions manger chez mon grand-père», précise Michael (22 ans). Lui habite encore à Giubiasco, chez papa et maman. «Mais je viens d’acheter un appartement. Le déménagement est prévu dans quelques semaines», annonce-t-il. Elle possède un pied-à-terre à Fribourg et retourne autant que faire se peut au Tessin. Frère et sœur ne se voient que rarement. Et pour cause, leur emploi du temps est proportionnel à leur standing: ne sont-ils pas internationaux tous les deux?

A chacun sa montre

Chose assez rare pour être mentionnée, début novembre, à trois jours d’intervalle, l’un et l’autre ont été élus meilleur joueur de leur équipe (de Suisse) respective. Michael face au Canada à l’occasion de la Karjala Cup, Nancy contre la Belgique lors des éliminatoires pour l’Eurobasket 2019. Leur cadeau? Une montre qu’ils ont ramenée chacun leur tour à la maison. «C’est marrant, parce que Nancy avait dit à ma mère qu’elle voulait une montre comme celle-là. La preuve que les femmes obtiennent toujours ce qu’elles désirent», rigole l’aîné au bout du fil.

Parties d’unihockey

Qui aime bien châtie bien. Plus que de la fierté, Nancy et Michael Fora éprouvent une tendresse infinie l’un pour l’autre. «Petits, nous jouions beaucoup ensemble, sourit l’arrière d’Elfic. Je me souviens de parties d’unihockey endiablées dans la chambre de mon frère. J’étais souvent au but. Et quand j’en sortais, il n’hésitait pas à me donner des body checks. L’armoire en a gardé quelques traces.»

Et Michael d’ajouter: «Que ce soit au ping-pong, au football ou au basketball, elle voulait toujours se mesurer à moi. Nancy était une fille féroce, un peu garçon manqué, et chacune de ses victoires donnait lieu à des célébrations nouvelles. Grâce à elle, j’ai appris à détester la défaite.» Et que lui a-t-il enseigné en échange? «Si je devais prendre quelque chose chez Michael, c’est son professionnalisme, répond la cadette. Il est sérieux pour tout: la nourriture, le sommeil, les entraînements, etc. Il est toujours le premier arrivé et le dernier parti. C’est un grand travailleur. Vraiment, il mérite tout ce qui lui arrive.»

Gym et football

Deux membres d’une même famille qui évoluent en première division helvétique mais dans deux disciplines différentes: voilà qui ne court pas les parquets ni les patinoires. Il faut dire que Nancy et Michael Fora ont de qui tenir. Leurs parents n’ont-ils pas été des athlètes accomplis eux aussi? «Maman a fait de la gymnastique. Elle a même participé à des championnats du monde avec l’équipe de Suisse», lance la basketteuse. Quant au père, il a gardé, «mais quelques matches seulement», la cage du FC Bellinzone en ligue A.

Le sport coule dans leurs veines – «mais jamais nous n’avons été obligés de faire quoi que ce soit», rétorque les enfants d’une même voix –, la reconnaissance transpire de chacun de leurs mots. «Nancy et moi ne faisons que nous croiser aujourd’hui, mais cela a toujours été le cas, se souvient le défenseur léventin. Tous les jours, nos parents nous menaient à gauche et à droite. Quand elle revenait de l’entraînement, je n’étais pas encore rentré. Ou vice et versa. Les week-ends, chacun partait de son côté: moi avec mon père, elle avec ma mère. Les moments passés tous ensemble étaient rares et d’autant plus précieux.»

Une dernière phrase que Nancy et Michael Fora peuvent conjuguer à tous les temps: vivement la pause de Noël!


 

Il rêve des Jeux et de la NHL

Comme son oncle avant lui, Michael Fora (Keystone) porte le maillot d’Ambri-Piotta.

Mais au contraire du frère de sa mère, le robuste défenseur de 22 ans, qui n’a jamais été aussi prolifique que cette saison (4 buts, 8 assists), évolue en première équipe, dont il a été nommé capitaine. «C’est évidemment un honneur mais cela n’a pas radicalement changé ma vie. J’ai d’autres responsabilités mais aussi l’impression d’être resté le même. Enfin, je l’espère», sourit Michael Fora, dont la carrière a pris une autre dimension en 2015, après avoir passé une année en Colombie-Britannique au sein de l’effectif des Kamloops Blazers. «Quand je suis parti, j’étais encore un junior. A mon retour, j’ai pu signer mon premier contrat pro.» Comme sa sœur, le Léventin a des rêves plein la tête. La NHL en est un. Et s’il n’a pas été retenu pour la prochaine Coupe Spengler, l’international suisse espère encore participer aux Jeux de PyeongChang. PS

 

Elle veut partir à l’étranger

Gymnastique, basketball ou hockey sur glace, peu importe: Nancy Fora (Charles Ellena) est ce genre de filles athlétiques et douées qui auraient excellé quoi qu’elles fassent.

Il se trouve que la Tessinoise de 20 ans a choisi de mettre un ballon dans un panier par hasard. «Sur l’invitation d’une copine.» Formée à Bellinzone, avec qui elle a vécu son baptême du feu en ligue A, Nancy Fora a fait un premier choix de carrière au printemps 2016, lorsque sur l’appel de Romain Gaspoz, alors entraîneur d’Elfic Fribourg, elle décidait de rejoindre les bords de la Sarine. Un changement salutaire qui lui a permis de goûter à la Coupe d’Europe et de s’affirmer en équipe nationale. La suite? «J’espère devenir une bonne joueuse, soupire-t-elle. Mais devenir une bonne joueuse en Suisse, c’est entre guillemets facile. Ça l’est moins à l’étranger. En attendant de pouvoir partir, pourquoi pas aux Etats-Unis, je dois encore progresser.» PS

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