La Liberté

Gottéron est là où il voulait être

Fribourg-Gottéron et Nathan Marchon (à gauche) ne sont pas tombés dans le piège tendu par Rapperswil (ici Sven Berger). © Keystone
Fribourg-Gottéron et Nathan Marchon (à gauche) ne sont pas tombés dans le piège tendu par Rapperswil (ici Sven Berger). © Keystone
05.11.2018

Pierre Salinas, Rapperswil


Hockey sur glace » C’est la pause. Enlevez maillot et plastron, mettez les casques au clou, mais ne restez jamais loin de votre crosse. Au cas où. Le hockey, ce n’est pas l’armée. Il n’empêche qu’un poil de discipline est indispensable au bon fonctionnement de la troupe.
Fribourg-Gottéron l’a bien compris, lui qui, après un début de saison raté, n’a eu de cesse de serrer la vis. Après avoir rendu l’Ours bernois muet (3-0) et laissé le Taureau zougois presque coi (1-4), les Fribourgeois n’ont plié qu’une seule fois à Rapperswil, samedi (1-4). Deux buts encaissés lors des trois derniers matches: la performance est de choix. Elle ferait presque regretter les quatre jours de repos que Mark French a accordés à ses Dragons, lesquels ne rechausseront les patins que jeudi, pour un entraînement léger, puis plus sérieusement vingt-quatre heures plus tard. En point de mire: Davos, qui se déplacera à Saint-Léonard mardi prochain.
 

Mottet comme Kubalik
Tout le monde n’aura pas l’occasion de souffler. C’est en qualité de meilleur buteur du championnat, un titre qu’il partage avec le Tchèque Dominik Kubalik (Ambri-Piotta), Gregory Hofmann (Lugano) et Joël Vermin (Lausanne), que Killian Mottet rejoindra cet après-midi l’équipe de Suisse (lire-ci après). Killian Mottet, qui a inscrit ses 8e et 
9e réussites dans la cité des Knie: la grande et belle surprise d’un Fribourg-Gottéron qui, au regard des prévisions des experts et de leur miroir souvent déformant, n’est pas plus sémillant, ni plus repoussant qu’attendu. Bilan.
Soulagé d’avoir évité le piège tendu par Rapperswil, la lanterne rouge de National League certes, «mais une équipe qui n’est pas complètement aux pâquerettes non plus», Julien Sprunger se plie à l’exercice: «Nous sommes plus ou moins là où nous voulions être, même si le classement est boiteux et serré», commence le capitaine des Dragons. La deuxième saison de l’ère Mark French avait pourtant démarré par trois défaites aussi lourdes qu’inquiétantes, de par l’apathie dont faisaient preuve les Fribourgeois en défense. Ne leur avait-on pas reproché le peu de tirs bloqués? «Le début fut à l’image de nos matches de préparation, continue Julien Sprunger. Il nous a fallu un petit moment pour que les cinq hommes sur la glace jouent le même système en même temps. Mais quand celui-ci a été assimilé, à part à Berne, où nous en avons pris six, je crois que nous nous sommes plutôt bien comportés.»

Le déclic à Bienne
La victoire 2-3 lors de la quatrième journée chez le leader biennois a fait office de déclic. «Un moment important. Menés 2-0, nous avions fait preuve de caractère», se souvient Mark French, qui attend encore davantage de «régularité». «Etre consistants soir après soir, c’est là notre axe de progression le plus important», martèle le coach canadien, particulièrement satisfait de la manière dont les défenseurs ont pallié l’absence sur blessure de Philippe Furrer, dont le retour n’est pas prévu pour la reprise. Pas plus que celui de Michal Birner. «Stalder a été promu en première ligne, Holos et Schneeberger sont alignés plus souvent en supériorité numérique, reprend-il. Nous avons dû faire des ajustements et tout le monde a répondu présent.»
Dans la bouche des Dragons et de leur entraîneur, un seul mot d’ordre: la défense. «Avoir une bonne assise défensive est essentiel, insiste Julien Sprunger, parce que nous savons que nous n’avons pas forcément le potentiel pour inscrire six ou sept buts par match.» A Rapperswil, Fribourg-Gottéron en a marqué quatre, dont le premier, signé Tristan Vauclair, en infériorité numérique (28e, 0-1), et 
le dernier dans la cage vide (57e, 1-4). Signe que rien n’a été facile. Et que la suite de la saison ne permettra pas aux pensionnaires de Saint-Léonard, qui ne comptent que six points d’avance sur le 9e, Genève-Servette, de baisser leur garde. 


 

Résultats et Classement

Vainqueurs samedi à Rapperswil (1-4), les Dragons ont trouvé discipline et stabilité défensives

Bienne - Berne 2-3 ap (1-0 0-1 1-1 0-1)
GE-Servette - Ambri6-4 (1-2 1-1 4-1)
Lugano - Zurich 5-3 (2-1 2-1 1-1)
Langnau - Davos 1-4 (0-1 0-2 1-1)
Zoug - Lausanne 1-4 (0-0 0-2 1-2)

1. Bienne 17 11 0 1 5 60-35 34
2. Berne 16 9 2 0 5 46-28 31
3. Langnau 16 10 0 0 6 48-33 30
4. Zoug 16 9 1 0 6 48-37 29
5. FR-Gottéron 17 9 1 0 7 42-39 29
6. Lausanne 18 9 0 1 8 47-44 28
7. Zurich Lions 15 7 1 1 6 34-36 24

8. Lugano 16 8 0 0 8 49-39 24

9. GE-Servette 16 7 1 0 8 40-47 23
10. Ambri-Piotta 16 6 0 3 7 40-51 21
11. Davos 16 4 1 0 11 30-62 14
12. Rapperswil 17 2 0 1 14 19-52 7


 

L’HOMME DE LA SOIRÉE

Il y a du Brust chez Berra

Sans Reto Berra, Fribourg-Gottéron aurait encaissé plus qu’un but, samedi à Rapperswil. Merci pour le compliment. Sauf que le rôle d’un gardien n’est-il pas précisément d’arrêter des pucks? Il se trouve que depuis un triste 26 octobre à Berne (défaite 6-2 des Dragons), où il avait sombré avec son équipe jusqu’à céder sa place après deux tiers, le Zurichois ne laisse plus que des miettes aux attaquants adverses. Des miettes, et non pas des bourdes, qu’il pouvait commettre de temps à autre plus tôt dans la saison. «Reto (Berra), c’est un mur», confie un Julien Sprunger admiratif. A l’image de sa défense, le portier des Dra-
gons a gagné en sécurité. Preuve de sa confiance toujours plus grande, il n’utilise plus seulement sa crosse pour repousser le danger. Mais aussi pour le créer, grâce à des relances précises. Il y a un peu de Barry Brust chez Reto Berra. Qui l’eût cru? PS


 

COUP PAR COUP



Coup de pouce

Deux joueurs de Fribourg-Gottéron et autant de Fribourgeois représenteront la Suisse, cette semaine à Krefeld, ville hôte de la Deutschland Cup. Killian Mottet, Samuel Walser mais aussi Andrea Glauser, le défenseur singinois des Langnau Tigers, ont rendez-vous cet après-midi, à 15 h, à Wetzikon. Plus que les deux autres peut-être, Killian Mottet a un coup à jouer. Parce que, mine de rien, il ne fut pas si loin de disputer les derniers mondiaux. Et parce que son début de saison est flamboyant (9 buts, 3 assists). «L’équipe de Suisse, c’est du bonus, lâche-t-il. J’y vais sans pression, avec l’intention de prendre tout ce que je peux prendre. On verra ensuite.»

Coup d’œil

Les problèmes offensifs de Rapperswil, qui n’a inscrit que 19 buts en 17 matches, portent un nom: Martin Ness. Avec tout le respect que l’on doit à l’ancien attaquant de Fribourg-Gottéron (2013-15), celui-ci n’a pas le format d’un topscorer. Car Martin Ness a réussi plus de points (5) que chacun des six étrangers que le club saint-gallois a mis sous contrat. Ou plutôt cinq, la pige de Radek Smolenak, lequel n’a pas manqué de saluer son compatriote Lukas Lhotak à l’issue de la rencontre, ayant pris fin samedi. Au regard du sourire qui illuminait son visage, pas sûr que l’ailier tchèque regrettera son passage dans la cité des Knie. Le contraire est valable aussi. PS

 

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