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Volée de bois vert pour Hamilton

Lewis Hamilton a participé avec d’autres investisseurs, fin août, au lancement à Londres d’un restaurant de hamburgers à base de viande de synthèse végétale. © Keystone
Lewis Hamilton a participé avec d’autres investisseurs, fin août, au lancement à Londres d’un restaurant de hamburgers à base de viande de synthèse végétale. © Keystone
17.10.2019

Le Britannique s’en est pris à l’agriculture. Il a sans doute manqué une belle occasion de se taire

Automobilisme » Pour avoir accusé l’agriculture de peser davantage sur le réchauffement climatique que l’industrie du transport, le quintuple champion du monde de F1 Lewis Hamilton s’est pris une volée de bois vert sur les réseaux sociaux, signe d’un fossé grandissant entre le sport automobile et l’écologie. Dans un message mardi sur Instagram, effacé depuis, le pilote britannique de Mercedes a indiqué vouloir «renoncer à tout» face au sort réservé par l’humanité à la planète.

Dans une longue diatribe sans lien apparent avec sa carrière de pilote, celui qui pourrait être couronné une sixième fois dans les prochaines semaines a affirmé que «l’agriculture (était) le plus gros pollueur, dépassant de 50% toute l’industrie du transport combinée». «On nous a menti pendant 100 ans en disant que la viande (était) bonne pour nous», poursuivait Hamilton, ajoutant qu’il lui avait fallu «32 ans pour comprendre l’impact» qu’elle avait sur le monde.

Pluie de quolibets

«Devenez végétaliens, c’est la seule solution pour sauver la planète aujourd’hui, ajoutait-il. Pourquoi continuer quand le monde est un tel bordel et que tout le monde semble s’en foutre?» Cette confession lui a rapidement valu une pluie de quolibets sur les réseaux sociaux, beaucoup lui renvoyant la pollution des voitures qu’il pilote et du sport automobile en général.

«C’est l’homme qui a une collection de voitures valant 13 millions de livres, se balade dans le monde avec son avion privé, fait partie du bataillon de la F1 qui transporte tout son matériel dans le monde entier, qui vous parle. Mais bien entendu, manger des saucisses végétariennes est le seul moyen de sauver le monde», s’indigne ainsi James273 sur Twitter, à l’instar de nombreux internautes. La cohorte de ses fans est de son côté montée au créneau, rappelant notamment qu’il avait vendu son jet en juin dernier, précisément selon le pilote parce qu’il ne cadrait pas avec son discours sur l’environnement.

Hamilton a même témoigné ces derniers mois de sa préoccupation hors réseaux sociaux. Sans forcément convaincre ses détracteurs de sa sincérité. Il a participé avec d’autres investisseurs, fin août, au lancement à Londres d’un restaurant de hamburgers à base de viande de synthèse végétale. Et s’est illustré dans des déclarations à la BBC dénonçant les émissions de méthane contenues dans les flatulences des bovins. Il n’empêche que sa F1, même avec son moteur hybride, peut d’après le règlement consommer jusqu’à 110 kilos d’essence par course (autour de 300 kilomètres ou deux heures maximum), sans compter les essais.

Crédits carbone

Les paddocks débordent d’énormes camions diesel et tout le matériel est transporté, de mars à novembre, d’une course à l’autre par la route, sinon par avion. Pour atténuer les critiques, la Fédération internationale de l’automobile (FIA) a mis en place en 2017 un programme de crédits carbone pour rendre «neutre» le sport automobile pour ce qui est des émissions de CO2. Mais l’objectif n’est pas vérifié. Des disciplines dites propres, comme la formule E (pour électrique), sont aussi en plein essor et des technologies nouvelles comme l’hydrogène sont à l’étude dans d’autres disciplines du sport automobile, telles que l’endurance.

Hamilton, lui, se tait depuis sa «sortie». Mais il a trouvé un allié de prestige en Damon Hill, son compatriote champion du monde de F1 en 1996. «Lewis ne va pas arrêter de se faire chambrer pour ce qu’il a dit, compte tenu de son statut de star de la jet-set, a-t-il réagi sur Twitter. Mais nous sommes tous des hypocrites à des degrés divers. Si des gens comme lui ne s’exprimaient pas, nous continuerions tous à faire la même chose sans même essayer de changer. Manger des carottes, ce n’est pas si mal.» ats

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