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Osaka, nouvelle égérie du Japon

Naomi Osaka: la première Japonaise à s’imposer dans un tournoi du grand chelem. © Keystone
Naomi Osaka: la première Japonaise à s’imposer dans un tournoi du grand chelem. © Keystone
Serena Williams. © Keystone
Serena Williams. © Keystone
10.09.2018

La joueuse japonaise a remporté l’US Open en battant en finale l’Américaine Serena Williams (6-2 6-4)

laurent ducret

Tennis » Naomi Osaka a changé de statut à New York: en devenant la première Japonaise à s’imposer dans un tournoi du grand chelem. La jeune femme de 20 ans est instantanément devenue une légende dans son pays, où sa bonne humeur et sa candeur font merveille. Née le 16 octobre 1997, à Osaka bien sûr, elle avait trois ans quand son père, Leonard, originaire d’Haïti, et sa mère, Tamaki, ont quitté le Japon pour venir s’installer à New York où il avait fait ses études. Et c’est son père qui a rêvé d’une carrière dans le tennis pour ses deux filles en voyant le succès qu’avait obtenu Richard Williams avec Venus et Serena.

Plus jeune, Naomi Osaka a donc pu suivre l’exemple de sa grande sœur Mari, qui est également joueuse de tennis. Mais la carrière de cette dernière, émaillée de nombreuses blessures, n’a jamais vraiment décollé: elle ne pointe actuellement qu’à la 367e place mondiale. C’est ainsi qu’elle était en lice au tournoi ITF de Montreux où son parcours s’est arrêté vendredi en quart de finale.

Pas une vraie rivalité

Mais cela n’empêche pas Naomi de se souvenir de l’époque où son aînée était la meilleure des deux: «Quand je m’entraînais avec mon père, si ma sœur n’avait pas été là, je ne sais pas si j’aurais tenu.» Dans leurs petits matches en une manche, «elle me battait 6-0 jusqu’à ce que j’aie 15 ans, et là je ne sais pas ce qui s’est passé mais un jour je l’ai battue 6-2. Je ne sais pas si on peut vraiment parler de rivalité quand quelqu’un vous écrase 6-0 pendant 15 ans...», a-t-elle encore souri.

Aujourd’hui basée en Floride, à Boca Raton, Naomi Osaka possède la double nationalité, japonaise et américaine. Un statut qui lui confère une certaine innocence, à en croire son entraîneur Sascha Bajin: ainsi, quand des reporters l’interrogent en japonais, elle répond en anglais, s’excusant de ne pas disposer d’assez de vocabulaire dans sa langue maternelle. Mais elle prend bien garde de ne pas se montrer irrespectueuse.

Puissance domptée

«Quand vous allez au Japon tout est extraordinaire et vous passez des moments inoubliables, dit-elle ainsi. Tous les jours vous pouvez sortir et la nourriture est excellente. Quand je vais au Japon je ne me sens pas à la maison, j’ai l’impression que ce sont des vacances extra et je n’ai pas envie de repartir.» La jeune femme au coup droit surpuissant a fait ses débuts en grand chelem à l’Open d’Australie en 2016, sortant des qualifications pour aller jusqu’au 3e tour, battue par l’ancienne tenante du titre Victoria Azarenka.

Mais elle a réellement franchi un cap au printemps dernier quand, disciplinée par Sascha Bajin, ancien sparring-partner de... Serena Williams, Osaka a réussi à dompter sa puissance. Du haut de son 1 m 80, elle a ainsi remporté son premier titre significatif à Indian Wells, battant au passage Maria Sharapova et le N°1 mondial Simona Halep. En sept matches dans le tournoi californien, elle n’a perdu qu’un seul set! A Roland-Garros elle était toutefois tombée au 3e tour contre Madison Keys, et à Wimbledon c’est la future gagnante, Angeli-que Kerber, qui mettait fin à son parcours, également au 3e tour. ats


 

Serena Williams s’énerve et s’en prend à l’arbitre

L’Américaine a été pénalisée d’un jeu au deuxième set pour avoir insulté M. Carlos Ramos

Serena Williams a perdu ses nerfs en finale de l’US Open. Elle s’est emportée contre l’arbitre, qu’elle a traité de «menteur» et de «voleur». Le succès de Naomi Osaka est presque passé au second plan. Tout a commencé quand la cadette des sœurs Williams (36 ans) a reçu un premier avertissement pour coaching en début de deuxième set, à 1-0, 40-15, service Osaka. «Je ne triche pas pour gagner, je préfère encore perdre», se défend-elle dans un premier temps auprès de l’arbitre de chaise, le Portugais Carlos Ramos, avant de lui en reparler au changement de côté suivant.

«C’est incroyable, je n’ai pas reçu de coaching. Je ne triche pas, je n’ai jamais triché de ma vie, je me bats pour ce qui est juste, vous me devez des excuses», lui lance-t-elle à plusieurs reprises, en colère. Puis à 3-2, Serena reçoit un second avertissement pour avoir fracassé sa raquette après avoir été débreakée, ce qui lui vaut cette fois un point de pénalité. «Vous attaquez ma personne. Vous avez tort. Vous n’arbitrerez plus jamais un de mes matches. Vous me devez des excuses. C’est vous le menteur», reprend-elle au changement de côté suivant (4-3 pour Osaka), toujours hors de ses gonds.

«Vous êtes un voleur. Vous m’avez volé un point», accuse-t-elle. C’est à ce moment-là que l’arbitre portugais lui inflige un rare jeu de pénalité, qui permet à Osaka de mener 5-3. Deux jeux plus tard, la star américaine, en larmes lors de sa discussion avec une responsable du tournoi à même le court lors du dernier changement de côté, s’incline et voit son rêve d’égaler le record absolu de titres en grand chelem détenu par Margaret Court (24) s’envoler. Revenue sur le circuit début mars six mois après avoir donné naissance à sa fille Olympia, Serena Williams avait déjà trébuché sur la dernière marche, en finale de Wimbledon il y a deux mois à peine, face à l’Allemande Angelique Kerber.

«Il suppose que j’ai triché, et je n’ai pas triché», a-t-elle réaffirmé en conférence de presse, voyant une «décision sexiste» dans la sanction infligée par M. Ramos pour l’avoir qualifié de «voleur». Si son entraîneur Patrick Mouratoglou a reconnu avoir fait un geste à l’intention de Serena, il a critiqué un manque de «psychologie» de l’arbitre. «100% des coachs coachent sur 100% des matches, toute l’année, et tout le monde le sait», a-t-il estimé. «Dans 100% des cas que j’ai vus, on prévient d’abord la joueuse (que l’entraîneur doit arrêter). Il ne l’a pas fait.» Cette série d’incidents a-t-elle pesé sur le cours du match? Naomi Osaka «jouait vraiment bien. Mais c’est difficile de dire que je n’aurais pas amélioré mon niveau, parce que je l’ai fait tellement de fois dans ma carrière», a jugé Serena. Ce n’est pas la première fois que l’Américaine perd ses nerfs à l’US Open. En 2009 notamment, en demi-finale contre la Belge Kim Clijsters, elle avait menacé une juge de ligne qui venait de signaler une faute de pied de lui «enfoncer cette balle dans la gorge». Cela lui avait valu un point de pénalité, et le match.

Pour son comportement en finale samedi, l’Américaine a écopé d’une amende de 17 000 dollars. Malgré cette amende, Serena Williams quitte New York avec un chèque de 1 833 000 dollars, auquel il faut toutefois déduire les diverses taxes. ats

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