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Roger Federer, dix ans déjà…

Roger Federer affirme être cette fois-ci prêt sur le plan physique à en découdre à Flushing Meadows. © Keystone
Roger Federer affirme être cette fois-ci prêt sur le plan physique à en découdre à Flushing Meadows. © Keystone
22.08.2018

Le Bâlois s’est imposé pour la dernière fois à l’US Open en 2008. Il espère redevenir roi dans le Queens

Gilles Mauron

Tennis » Roger Federer a triomphé à cinq reprises à l’US Open. Mais le dernier acte de son quintuplé new-yorkais remonte à dix ans déjà. Depuis, il a enchaîné crève-cœur et déconvenues à Flushing Meadows, alors qu’il a pu dans le même temps triompher dans les trois autres levées du grand chelem.

C’est sans doute dans la moiteur new-yorkaise que le Maître est passé du statut de star du tennis à celui de star tout court. Sacré en 2004, 2005, 2006, 2007 et 2008, il a enchaîné les démonstrations, comme lors de cette première finale remportée 6-0 7-6 6-0 face à Lleyton Hewitt. Il a éclaboussé de toute sa classe les très prisées night sessions du tournoi, devenant même l’ami de l’intouchable icône de la mode Anna Wintour, rédactrice en chef de l’édition américaine du magazine Vogue.

Un échec inattendu

Mais rien n’est plus pareil depuis l’échec inattendu subi devant Juan Martin Del Potro en finale en 2009 (3-6 7-6 4-6 7-6 6-2). Roger Federer avait alors mené deux manches à une, passant à deux points de la victoire au quatrième set. Il sortait pourtant d’un été de rêve, marqué par cet unique triomphe à Roland-Garros et ce sixième sacre à Wimbledon qui lui avaient permis de rejoindre puis de dépasser le recordman Pete Sampras (14 majors pour l’Américain).

Depuis, Roger Federer n’a disputé qu’une seule finale dans le Queens, en 2015. Et cette finale, perdue 6-4 5-7 6-4 6-4 face à un très solide Novak Djokovic, ne figure même pas parmi ses pires souvenirs new-yorkais des neuf précédentes années. Même s’il avait gâché pas moins de 19 balles de break, ne convertissant que quatre des 23 occasions dont il avait bénéficié à la relance face à son «bourreau» de la dernière finale de Cincinnati.

Ses pires cauchemars

C’est en revanche bien Novak Djokovic qui lui a fait vivre ses pires cauchemars dans la ville qui ne dort jamais. Le Serbe a ainsi remporté deux demi-finales successives – en 2010 et en 2011 – en écartant les deux fois deux balles de match d’affilée dans la cinquième manche! C’est surtout la défaite concédée en 2011 qui a laissé des traces: battu 6-7 4-6 6-3 6-2 7-5, Roger Federer avait manqué deux occasions de conclure sur son propre service, à 5-3 40/15!

L’homme aux 20 trophées majeurs n’oubliera d’ailleurs jamais la première balle de match: Novak Djokovic l’avait sauvée en armant un improbable retour de coup droit gagnant qui avait mordu la ligne. Il en avait rajouté une couche devant la presse, affirmant avoir frappé ce retour les yeux fermés. «Seul un joueur ne croyant plus en ses chances tente un coup comme celui-là», avait d’ailleurs affirmé quelques minutes après l’aveu de Novak Djokovic un Roger Federer vexé. «C’est incroyable de devoir expliquer cette défaite alors que je devrais faire la conférence de presse réservée au vainqueur», avait également lâché le Bâlois, qui avait connu le même triste sort 12 mois plus tôt dans le stade Arthur-Ashe. Défait 5-7 6-1 5-7 6-2 7-5, il avait cette fois-ci raté deux balles de match consécutives à la relance. «Le seul point positif, c’est que cela ne m’est pas arrivé en finale», avait-il alors déclaré, plus fataliste.

Problèmes de dos

Forfait en 2016 alors qu’il avait mis un terme à sa saison juste après Wimbledon, Roger Federer peut se croire maudit à New York. Il n’avait pas pu y défendre réellement ses chances en 2013 (défaite en 8e de finale face à Tommy Robredo) et en 2017 (échec en quart face à Juan Martin Del Potro) en raison de ses problèmes de dos. Et il avait forcément dû penser que son heure était (re)venue en 2014 après l’échec de Novak Djokovic dans la première demi-finale, mais avait subi la loi d’un Marin Cilic injouable dans la seconde.

Roger Federer le sait parfaitement: usante dernière levée du grand chelem, l’US Open ne permet pas la moindre faille, tant physique que mentale, avec sa météo changeante et son brouhaha incessant. C’est notamment son état de fraîcheur absolue qui a permis au Bâlois de remporter les deux derniers Opens d’Australie, en entame de saison. A désormais 37 ans, il a plus que jamais besoin que toutes les pièces du puzzle se mettent en place. Il affirme être cette fois-ci prêt sur le plan physique à en découdre à Flushing Meadows. Mais sa confiance serait-elle suffisante à l’heure de défier un Novak Djokovic ou un Rafael Nadal? ats

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