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La plainte contre Mgr Huonder jugée «ridicule»

Vitus Huonder a regretté quelques jours plus tard que son exposé ait été mal compris et interprété comme méprisant à l'égard des homosexuels. «Ce n'était pas mon intention», a-t-il écrit, faisant aussitôt réagir Pink Cross. © Keystone
Vitus Huonder a regretté quelques jours plus tard que son exposé ait été mal compris et interprété comme méprisant à l'égard des homosexuels. «Ce n'était pas mon intention», a-t-il écrit, faisant aussitôt réagir Pink Cross. © Keystone
10.08.2015

Suisse • La plainte pénale lancée contre Mgr Vitus Huonder par l'association homosexuelle Pink Cross est «ridicule», martèle l'avocat genevois Alec Reymond. Il assure que l'évêque de Coire n'a commis aucune infraction en citant un passage de la Bible condamnant l'homosexualité.

APIC/ATS

Contacté par le site cath.ch, Alec Reymond regrette que le fait de se poursuivre en justice soit devenu, à notre époque, «la seule manière de dialoguer». Il rappelle que Mgr Huonder n'a fait que citer mot à mot un passage d'un texte sacré. Pour rappel, l'évêque grison avait cité, lors d'un congrès en Allemagne fin juillet, un passage du Lévitique selon lequel: “Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable, ils seront punis de mort: leur sang retombera sur eux” (Lévitique 20:13)».

Liberté d'expression «à deux vitesses»

L'association de défense des droits des homosexuels suisse Pink Cross a déposé plainte lundi 10 août auprès du ministère public des Grisons pour incitation au crime ou à la violence. Un délit inscrit au Code pénal et passible d'une peine privative de liberté pouvant aller jusqu’à trois ans.

L’avocat Alec Reymond dément que la citation puisse constituer un appel à la violence. «Nous avons là, un texte ancien, dont l'aspect symbolique est éminemment connu. La simple lecture de ce passage ne peut en aucun cas constituer un appel à la violence», relève-t-il.

L'avocat genevois regrette en général que la liberté d'expression soit parfois perçue comme «à deux vitesses». Il estime en tout cas qu'une condamnation de Mgr Huonder constituerait un «camouflet majeur» à ce principe. «Ces mêmes milieux ont hurlé à la mort pour défendre la liberté de parole après l'attentat contre Charlie Hebdo», assure Alec Reymond. «Beaucoup de gens ses réclament à corps et à cris de la liberté d'expression, jusqu'à ce que celle-ci vous égratigne», déplore l'avocat.

Les évêques en retrait

Au sein de l'Eglise, l'affaire crée un certain malaise. La Conférence des évêques de Suisse s'est pour l'heure limitée à déclarer qu'elle ne commente pas les déclarations individuelles des évêques. Elle a en revanche rappelé que l'enseignement du catéchisme est déterminant en matière d'homosexualité.

Et selon ce dernier, les actes homosexuels ne doivent en aucun cas être approuvés. Cela même si les personnes homosexuelles, qui n'ont pas choisi sciemment leur orientation, doivent être accueillies avec respect, compassion et délicatesse. La Conférence des évêques traitera cependant de l'affaire Huonder lors de sa prochaine assemblée.

Individuellement, certains hommes d'Eglise sortent tout de même de la réserve. Il en est ainsi de l'évêque de St-Gall, Markus Büchel qui, dans une lettre aux fidèles ce week-end, souligne que l'être humain ne doit pas être réduit à sa seule sexualité.

Plus de 20% des curés seraient gays

L'Eglise catholique aurait-elle un problème avec l'homosexualité parce que nombre de ses prêtres sont eux-mêmes gays? Aucun chiffre officiel n'existe, mais les théologues estiment entre 20% et 60% la part de curés homosexuels.

Connu pour ses démêlés avec l'ex-évêque conservateur de Bâle, Kurt Koch, le curé de Röschenz (BL) Franz Sabo confirme dans la presse dominicale. Selon lui, cette part atteint près de 40%. «Je suis depuis plus de 30 ans dans l'Eglise. Avec un tel recul, on obtient une certaine expertise», déclare le curé Sabo dans Schweiz am Sonntag.

Franz Sabo explique cette situation par le fait que les homosexuels trouvent dans l'Eglise catholique une certaine protection. Comme les prêtres ont l'interdiction de se marier, ils n'ont jamais besoin de justifier leur célibat. De plus, les homos ont des affinités particulières avec l'art, les rites, l'esthétique, autant de domaines que l'on trouve à foison dans l'Eglise.

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