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La tuile au retour d’Espagne

Après un dernier plongeon à la plage de Barcelone, le touriste suisse, de retour au pays, passera dix jours en quarantaine. © Keystone
Après un dernier plongeon à la plage de Barcelone, le touriste suisse, de retour au pays, passera dix jours en quarantaine. © Keystone
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06.08.2020

Les touristes suisses revenant de Barcelone ou Madrid devront subir une quarantaine

Emmanuelle Clerc

Vacances » Les voyageurs de retour d’Espagne devront se mettre en quarantaine en Suisse. L’Espagne a été ajoutée par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) à la liste des pays avec un risque élevé d’infection au Covid-19. Les Baléares et les Canaries ne sont pas concernées.

La mesure entre en vigueur dès samedi, soit depuis vendredi à minuit, a annoncé le Département fédéral de l’intérieur. Le taux de contamination pour les Baléares se situe à environ 43 pour 100 000 habitants et environ 6 pour 100 000 pour les Canaries. Désormais, 46 pays et régions se trouvent sur la liste à risque. Les Bahamas, la Guinée équatoriale, la Roumanie, Sao Tomé-et-Principe, Singapour et Saint-Martin (Caraïbes) figurent nouvellement sur la liste des pays à risque. La Suisse a retiré l’Azerbaïdjan, les Emirats arabes unis et la Russie.

Dix jours à l’arrêt

Depuis le 6 juillet, toute personne franchissant la frontière depuis un Etat ou un territoire avec un risque élevé d’infection doit se mettre en quarantaine durant dix jours. Ces personnes doivent s’annoncer dans les deux jours auprès des autorités cantonales. Celles-ci contrôlent sporadiquement le respect de la quarantaine. Actuellement, 16 269 personnes sont concernées.

L’application SwissCovid, qui doit faciliter le traçage des chaînes de transmission, a elle été téléchargée 2,15 millions de fois, ce qui correspond à 25% de la population. Et 327 annonces de contamination ont été faites, ce qui correspond à 10% de toutes les personnes positives testées au cours de la période correspondante.

L’Office fédéral de la santé publique n’est pas satisfait de cette proportion, a dit Sang-Il Kim, responsable de la section transformation numérique de l’OFSP. «Nous voulons avoir plus de monde avec nous.»

Les équipes concernées travaillent à l’amélioration de l’échange de données entre la Confédération et les cantons. Des rapports générés automatiquement seront bientôt disponibles. L’OFSP travaille maintenant à avoir plus d’indications sur les lieux de contamination, «question centrale à ce stade de l’épidémie».

Les femmes enceintes figurent par ailleurs désormais sur la liste des personnes à risque. Selon les indications de la Société suisse de gynécologie, elles sont en effet plus susceptibles de connaître une évolution grave de la maladie.

Situation toujours tendue

De façon générale, la situation reste tendue, avec encore près de 200 nouveaux cas mercredi (181), a affirmé Patrick Mathys, responsable de la section Gestion de crise et collaboration internationale à l’OFSP. Il y a toutefois une certaine stabilisation, avec un taux de positivité actuellement à 2,2%, contre 3,5% ces dernières semaines.

Concernant une éventuelle harmonisation des mesures au niveau fédéral, Patrick Mathys s’est dit confiant que les cantons agiraient en conséquence si la situation devait s’aggraver. Les cantons sont encore en mesure de tracer les contacts des personnes infectées, mais pourraient être dépassés si le nombre de cas augmente beaucoup, a pointé le responsable.

Dans les transports publics, la mobilité est revenue à ce qu’elle était avant le confinement, à l’exception de certaines gares. Entre 80 et 100% des voyageurs portent le masque.

ATS


Salaire assuré en cas de «quarantaine non fautive»

«Personne ne devrait être tenté d’éluder la quarantaine pour des raisons financières», a déclaré Michael Schöll, vice-directeur de l’Office fédéral de la justice, hier devant la presse. «Restez à la maison et avertissez votre employeur», a-t-il ajouté à l’intention notamment des personnes qui rentreront d’Espagne à partir de samedi.

En cas de quarantaine non fautive, et même si la question n’a pas encore été réglée par les tribunaux, le versement du salaire est assuré. C’est le cas pour les personnes qui se trouvaient déjà en Espagne lorsque le pays a été placé sur la liste, notamment.

Pour les personnes qui ne peuvent pas travailler à domicile, le Conseil fédéral a décidé que le versement des prestations pour perte de gain est assuré pendant dix jours. Et les employeurs se sont montrés «accommodants», selon M. Schöll.

«La situation est différente pour des personnes qui se rendraient dans un pays à risque, l’Espagne par exemple à partir de samedi: un tribunal pourrait retenir une faute», a-t-il conclu. ATS

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