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Nouvelle dynamique espérée

L’élection de deux nouveaux ministres pourrait relancer le dossier européen

Barbara Stäbler

Publié le 05.12.2022

Temps de lecture estimé : 3 minutes

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Suisse-UE » Avec deux nouveaux membres au Conseil fédéral, le dossier européen pourrait connaître une nouvelle dynamique. Le politologue Fabio Wasserfallen, de l’Université de Berne, estime que c’est tout à fait possible. Le changement arrive peut-être même au bon moment.

«Le gouvernement joue un rôle absolument décisif dans la phase exploratoire avec l’Union européenne (UE) dans laquelle nous nous trouvons actuellement», déclare Fabio Wasserfallen. Seul le Conseil fédéral et ses diplomates donnent en effet actuellement la direction du dossier européen, y compris pour les questions institutionnelles. «Ce n’est que plus tard que d’autres acteurs politiques, comme le Parlement et les électeurs, entrent en jeu.»

Certes, les quatre candidats ne se distinguent pas beaucoup de leur parti dans leurs positions sur le dossier européen, reconnaît Fabio Wasserfallen: Hans-Ueli Vogt et Albert Rösti défendent ainsi clairement les positions de l’UDC, Elisabeth Baume-Schneider et Eva Herzog des positions clairement PS. «Mais ils se différencient peut-être par leur sentiment d’urgence à trouver une solution avec l’UE», nuance-t-il. Représentante d’un canton frontalier, la Bâloise Eva Herzog serait notamment dans cet esprit (lire aussi l’interview en page 10).

Redistribution possible

Une grande redistribution des départements pourrait également être importante pour le dossier européen. Bien que l’ensemble du gouvernement soit responsable des prochaines étapes avec l’UE, un changement au Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) pourrait donner de nouvelles impulsions qui pourraient se répercuter sur l’administration.

Par exemple sur le comité nouvellement créé pour renforcer le pilotage des discussions exploratoires avec l’UE. Tous les départements sont représentés dans ce comité, et ce par «des personnes de confiance de tous les chefs de département et de la Chancellerie fédérale», indique le communiqué de presse du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). C’est remarquable, estime le politologue: «Du fait qu’il s’agit de personnes de confiance, tous les ministres sont directement mis à contribution dans le dossier.»

Les partenaires sociaux seraient, eux, intégrés dans les discussions avec l’UE au sein du comité consultatif également nouvellement créé. Le Conseil fédéral se prémunit ainsi sur le plan de la politique intérieure, estime M. Wasserfallen. «Finalement, un changement de département pourrait donc aussi être utile vis-à-vis de l’UE, partenaire de négociation».

Mais le temps presse: après les élections fédérales de l’automne 2023, les magistrats nouvellement élus auront besoin de quelques mois pour se familiariser avec leurs dossiers. Dès le début de l’été, les partis passeront en mode campagne électorale. L’UE devrait alors devenir encore plus un sujet politique qu’elle ne l’est déjà.

L’année suivante, en 2024, les élections européennes auront lieu et l’UE sera occupée jusqu’à l’automne. Dans le pire des cas, le début des négociations pourrait donc être retardé jusqu’en 2025.

Le sort de Cassis divise

A noter que la presse dominicale évoque aussi la possible redistribution des départements. Dans la NZZ am Sonntag, le président du PLR Thierry Burkart indique qu’il souhaite qu’Ignazio Cassis continue à diriger le DFAE. La Suisse resterait ainsi un partenaire fiable dans les négociations avec l’UE, selon lui. Autre son de cloche du côté du conseiller national Fabian Molina (PS/ZH), qui espère que M. Cassis passe au Département de l’intérieur. Avec le PLR tessinois à la tête du DFAE, la Suisse n’arrivera jamais à ses fins dans le dossier européen, déclare-t-il. ats

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