La Liberté

Journée de récolte de l'Arnica


Les Vosges, colline du Markstein, à 1183 mètres d’altitude. Il fait encore nuit, la chasse est ouverte à 4 heures du matin! Dans l’air frais, des cueilleurs d’arnica sont motivés en ce premier jour officiel d’une récolte strictement réglementée. On y chasse la plante entière, dont le prélèvement matinal vise à garantir la fraîcheur, ou juste la fleur. Cette année, l’excitation est à son comble, l’arnica étant rare.

Des groupes de cueilleurs, tels des vendangeurs, arrachent à la main ces plantes médicinales surprises par ce réveil brutal. On perçoit même la résistance du végétal sorti de terre. Un bruit semblable à celui d’une vache qui broute de l’herbe. A l’arrachage parfois, une petite partie du rhizome se détache, mais il en restera toujours assez pour une nouvelle pousse l’an prochain. L’arnica, cette marguerite aux pétales jaunes, est un pur produit sauvage, bio, très prisé par les laboratoires homéopathiques. Ces derniers passent commande de plusieurs tonnes.

Comme les abeilles

Le jour se lève. Des gerbes de plantes sous le bras, nos «moissonneurs» en font des ballots qui, une fois sanglés, sont descendus à dos d’homme jusqu’aux voitures des acheteurs, où ils sont pesés et emportés au plus vite. Parmi eux figure Clément Urion, fin connaisseur, l’un des trois associés de la Ferme du bien-être, à Gérardmer. Il récolte aussi pour eux, mais uniquement les fleurs, qui seront séchées et macérées et dont les principes actifs seront ajoutés à divers produits.

Maintenant la canicule est de retour, les randonneurs aussi. Il reste suffisamment d’arnica et de fleurs à dénicher dans ces pâturages maigres et acides, des terrains où les engrais sont proscrits. Les abeilles l’ont bien compris…

L’ARNICA, C’EST DU SERIEUX!

Mieux vaut être sur place la veille pour se lever à 3 heures du matin! J’ai aussi découvert l’attrait médiatique. La TV et les photographes sont bien réveillés. Tous, nous travaillons dans le noir en attendant secrètement que la lumière du jour arrive pour plus de «confort»! Les cueilleurs sont sympas, des récidivistes de ce genre d’efforts et des candidats désignés aux douleurs dorsales à consommer en soirée. Selon l’un d’eux, Clément Urion, la récolte d’environ 2 tonnes d’arnica ne suffira pas à satisfaire la demande des industriels et particuliers. Dans ce coin de pays, tout est bien réglementé, la zone délimitée, chaque ramasseur muni d’une autorisation. Bref, du travail sérieux!

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