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Occupation de l’Unifr: Le rectorat menace de déposer une plainte

Depuis lundi, des militants pro-Palestine occupent le hall du bâtiment Pérolles 21 de l’Université de Fribourg. Mardi après-midi, le rectorat exprime son mécontentement. Le dépôt d’une plainte est envisagé.

L’occupation a repris mardi à 12h après s’être interrompue le temps d’une nuit. © Jean-Baptiste Morel
L’occupation a repris mardi à 12h après s’être interrompue le temps d’une nuit. © Jean-Baptiste Morel

Geoffroy Brändlin

Publié le 14.05.2024

L’Université de Fribourg sort du bois et dénonce les agissements des militants. Pour rappel, depuis lundi matin, plusieurs dizaines de personnes occupent le hall d’entrée du bâtiment Pérolles 21 protestant notamment contre les liens de l’Unifr avec l’Etat d’Israël.

Lundi soir, la réunion avec le rectorat de l’Université de Fribourg, sollicitée par des militants avait duré plus d’une heure et demie, se terminant peu avant 21h. Suivant d’autres discussions avec des représentants du rectorat, elle avait notamment mené au départ provisoire des militants pour la nuit.

Ce mardi, alors que les protestaires sont de retour, la direction a accepté de donner son point de vue, par voie de communiqué, sur les négociations et sur le déroulement de cette action.

Méthode dénoncée et négociations compliquées

Elle se montre tout d’abord choquée par la manière dont s’est déroulée l’occupation. «Une cinquantaine de personnes s’est installée hier dans ce lieu névralgique, écoutant de la musique forte, déplaçant à leur guise le mobilier du bâtiment, étalant des tapis, servant du café et de la nourriture, décorant le lieu de drapeaux et de slogans, relayant des annonces au mégaphone et distribuant des tracts dans tout le bâtiment», est-il dénoncé dans le communiqué officiel. Toujours sur la méthode, le rectorat regrette également de n’avoir été informé de l’action qu’à 12h31, une heure après les médias.

Sur le fond, la rectrice et son équipe se disent «étonnés» par plusieurs conclusions des négociations. Ils estiment que «les moyens démocratiques ont été rejetés, décrits comme trop lents et inadaptés à la cause», que «la proposition de la rectrice d’utiliser l’Université comme plateforme pour des discussions scientifiques est restée lettre morte» et qu'«aucune autre forme que celle de l’occupation n’a été et n’est envisagée par les occupants même après plusieurs relances de la part des représentants du rectorat». Pour l’institution, l’occupation est une «tentative d’instrumentalisation des institutions académiques apolitiques» et «ne constitue pas une condition préalable à un dialogue constructif».

L’Université déplore également la participation de personnes non-affiliées à ses filières d’études. Elle assure avoir préparé une plainte pour violation de domicile et avoir l’intention de la déposer «en cas de nouvelle violation du règlement interne». Cependant, même si l’action irriterait, selon le rectorat, la communauté universitaire, ce dernier s’engage à examiner «dans le calme» les revendications et à y répondre.

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