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La guerre contre le Hamas sera "longue et difficile" dit Netanyahou

Tsahal a indiqué samedi que ses forces étaient "entrées dans Gaza et y avaient élargi leurs opérations". Ici: une unité d'artillerie israélienne près de la frontière avec Gaza. © KEYSTONE/AP/Tsafrir Abayov
Tsahal a indiqué samedi que ses forces étaient "entrées dans Gaza et y avaient élargi leurs opérations". Ici: une unité d'artillerie israélienne près de la frontière avec Gaza. © KEYSTONE/AP/Tsafrir Abayov
Tsahal a indiqué samedi que ses forces étaient "entrées dans Gaza et y avaient élargi leurs opérations". Ici: une unité d'artillerie israélienne près de la frontière avec Gaza. © KEYSTONE/AP/Tsafrir Abayov
Tsahal a indiqué samedi que ses forces étaient "entrées dans Gaza et y avaient élargi leurs opérations". Ici: une unité d'artillerie israélienne près de la frontière avec Gaza. © KEYSTONE/AP/Tsafrir Abayov
Benyamin Netanyahou a averti que l'armée israélienne "détruira l'ennemi sur terre et sous terre". © KEYSTONE/AP/Abir Sultan
Benyamin Netanyahou a averti que l'armée israélienne "détruira l'ennemi sur terre et sous terre". © KEYSTONE/AP/Abir Sultan


Publié le 29.10.2023


La guerre contre le Hamas est entrée samedi dans une nouvelle étape, a prévenu le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, trois semaines après l'attaque du groupe palestinien. Elle sera "longue et difficile", a-t-il martelé.

Depuis vendredi soir, l'armée israélienne opère au sol avec des soldats et des blindés, tout en intensifiant ses bombardements de la bande de Gaza déclenchés après l'attaque du 7 octobre lors de laquelle 1400 personnes ont été tuées côté israélien, essentiellement des civils, selon les autorités locales.

Le Hamas, qui contrôle Gaza, affirme que 7703 personnes, en majorité des civils, ont été tuées dans les bombardements israéliens, soit le bilan le plus lourd depuis le retrait israélien du territoire palestinien en 2005.

L'ONU craint une catastrophe humanitaire. Son secrétaire général, António Guterres, a déploré samedi l'"escalade sans précédent des bombardements" qui "compromettent les objectifs humanitaires", appelant une nouvelle fois à un cessez-le-feu immédiat.

Appel du CICR

La présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Mirjana Spoljaric, a quant à elle jugé "inacceptable que les civils n'aient aucun endroit sûr où aller à Gaza au milieu des bombardements massifs". "Le monde ne doit pas tolérer" ce qui se passe à Gaza, a-t-elle ajouté.

Environ 2,4 millions de personnes vivent entassées à Gaza, un territoire de 360 km2, manquant d'eau, de nourriture, d'électricité, et depuis vendredi, de communications et d'Internet. Au total, seuls 84 camions d'aide humanitaire ont pu arriver via l'Egypte, selon l'ONU, mais il en faudrait au moins cent par jour.

"La guerre dans la bande de Gaza sera longue et difficile et nous y sommes prêts", a déclaré M. Netanyahou lors d'une conférence de presse à Tel-Aviv, ajoutant que son armée "détruira l'ennemi sur terre et sous terre". Il faisait référence au gigantesque réseau de tunnels souterrains de centaines de kilomètres, d'où, selon les militaires, le Hamas dirige ses opérations.

Désormais, est engagée "la deuxième étape de la guerre, dont l'objectif est clair: détruire les capacités militaires et la direction du Hamas; ramener les otages à la maison", a affirmé M. Netanyahou après avoir rencontré les familles des 230 personnes retenues captives dans la bande de Gaza, selon le dernier décompte des autorités.

"Un champ de bataille"

L'armée israélienne a répété samedi son appel aux habitants de Gaza (nord) de "partir immédiatement" vers le sud, affirmant qu'elle considérait désormais cette ville et sa région comme un "champ de bataille".

Selon le porte-parole de la défense civile à Gaza, "des centaines d'immeubles et de maisons ont été entièrement détruits" dans la journée. Dans le camp de réfugiés de Chati, dans la périphérie de Gaza-ville, les bombardements ont provoqué d'importants dégâts.

L'armée israélienne a fait état de "plusieurs terroristes du Hamas tués", dont un responsable "ayant pris part à l'organisation du massacre du 7 octobre" qui a profondément traumatisé la société israélienne. Des salves de roquettes ont en parallèle été tirées de Gaza vers Israël pendant la journée, faisant trois blessés, selon des médecins.

Echange otages contre prisonniers

Après "une nuit d'angoisse immense" en raison des intenses bombardements, les familles des otages ont été finalement reçues samedi par M. Netanyahou. Seules quatre femmes otages ont été libérées à ce jour. Le Hamas, qui avait menacé d'exécuter des otages, estime à "près de 50" le nombre d'entre eux tués dans les bombardements.

"Nous sommes prêts à immédiatement conclure un échange pour faire libérer tous les prisonniers dans les prisons de l'ennemi sioniste contre tous les otages", a déclaré dans un communiqué le chef du Hamas à Gaza, Yahya Sinouar, qui s'est exprimé pour la première fois depuis le 7 octobre.

Le Premier ministre israélien a déclaré aux familles des otages qu'il explorerait "toutes les options" pour les faire libérer.

Contact coupé

Les bombardements sur Gaza ont coïncidé avec une coupure des communications et Internet à Gaza. Des ONG et des agences de l'ONU ont indiqué avoir perdu le contact avec leurs équipes à Gaza.

Les opérations humanitaires et l'activité des hôpitaux "ne peuvent continuer sans communications", s'est alarmée Lynn Hastings, une responsable de l'ONU.

Le 9 octobre, Israël a imposé un "siège total" à Gaza, y coupant les approvisionnements en eau, électricité et nourriture, alors que le territoire palestinien était déjà soumis à un blocus israélien terrestre, aérien et maritime depuis plus de 16 ans.

"Beaucoup plus" de gens vont "bientôt mourir" en raison du siège, a indiqué le chef de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), Philippe Lazzarini.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a qualifié de "criminel de guerre" Israël, qui a, dans la foulée, annoncé rappeler ses diplomates de Turquie afin de "réévaluer les relations" entre les deux pays.

La tension est aussi très vive en Cisjordanie occupée depuis 1967 et à la frontière nord d'Israël avec le Liban, où les échanges de tirs sont quasi quotidiens entre l'armée israélienne et le Hezbollah. Le siège des casques bleus de l'ONU dans le sud du Liban a été touché samedi par un obus, sans faire de victime. Un casque bleu a été légèrement blessé près de Hula par des bombardements dans le sud du Liban, selon la FINUL.

ats, afp

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