La Liberté

Voir Manchester United et dormir, bien dormir

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Publié le 17.12.2015

«Bienvenue au club!» • A l’approche de l’immanquable Boxing Day, arrêtons-nous cette semaine à Old Trafford. Le théâtre des rêves devenu le canapé des siestes... 

Pascal Bertschy

Evidemment, je ne suis pas toubib. Pourtant, à ceux d’entre vous qui souffriraient de troubles du sommeil, j’ai un bon remède à proposer. Pour dormir, même dormir profondément, il suffit de suivre n’importe quel match de Manchester United. 

Oui oui, ça marche à tous les coups. Regardez jouer les Red Devils et après quelques minutes de jeu, boum! Morphée vous serrera aussitôt dans ses bras et ne vous lâchera plus. Old Trafford: hier théâtre des rêves, aujourd’hui canapé des roupillons...

Vous êtes au courant, non? Manchester United a réussi à tomber dans l’extrême pauvreté, depuis deux ou trois ans, en étant un de trois clubs les plus riches du monde. Il s’agit d’un exploit rarissime, sinon unique, dans l’histoire du football. 

Vous qui avez peut-être vu ces pauvres Diables Rouges en Ligue des champions, cette saison, vous l'aurez constaté: cette équipe, qui sait rarement quoi faire du ballon, est nulle. Mais vous qui ne regardez peut-être pas forcément le championnat d’Angleterre, laissez-moi vous le dire: en Premier League, elle est pire.

Des noms à jamais magiques

Même si ça n’a pas l’air, je suis en train de vous parler de mon club préfér... rrr zzz... rrr zzz rr zzz... Oh pardon, je m’étais assoupi. Voyez ce que c’est, hein! Pour s’endormir, même pas besoin de regarder jouer ces loukoums, il suffit d’en parler. Mais qu’est-ce que je vous disais, déjà? 

Ah! oui: il fut un temps où j’aimais Manchester United. D’un amour qui ne se disait pas avec des fleurs, mais avec des noms: Matt Busby, George Best, Bobby Charlton, Mark Hughes, Sir Alex, Roy Keane, Peter Schmeichel, Eric Cantona,  Paul Scholes, David Beckham, Ryan Giggs, Cristiano Ronaldo. Sans oublier Wayne Rooney, bien sûr, le dernier des grands. 

Or le fantastique Rooney, à lui seul, incarne la trajectoire suivie par son club: il y a trois ans, l'attaquant était encore un des meilleurs joueurs du monde; aujourd’hui, il ne compte même plus parmi les cinq meilleurs joueurs de la ville de Manchester.

Père Noël, faites quelque chose!

Je ne m’attarderai pas sur l’entraîneur, ne vous dirai pas que Louis van Gaal est un trou de balle intégral. Les Fêtes approchent, le moment serait mal choisi pour se montrer discourtois ou grossier. Je vous laisse donc le soin de vous reporter aux multiples déclarations de Paul Scholes et d’autres grands anciens: ils disent bien pire du neuneu néerlandais qui se prend pour Dieu. 

D’ailleurs, en principe, Van Gaal ne devrait pas s’éterniser à Old Trafford. S’il existe, le Père Noël aura sans doute la bonté de l’embarquer sur son traîneau et de le ramener chez lui aux Pays-Bas. Manchester United qui part en vrille, en attendant, cela me semble une bonne histoire. C’est celle d’un carrosse d’or qui a perdu son cocher, ses repères, sa destination, et n’arrive même plus à suivre le rythme que lui impose des citrouilles. 

On dirait un conte de Noël sportif et c’est pour cette raison que j’aime bien cette histoire. Elle montre que l’argent n’est pas d’un grand secours quand l’âme s’est envolée. Le club le plus riche du système solaire même pas fichu de figurer dans les trois premiers de son championnat national! Il y a là-dessous une belle morale. Et ce qu’elle dit, c’est qu’il faut croire davantage aux bienfaits de l'esprit qu'aux vertus de l’argent. Même dans le sport outrageusement mercantile d’aujourd’hui...

Le jour où il faudra être en forme

M’enfin, comme j’ai déjà fait le toubib au début, je ne vais pas commencer à jouer au curé et en resterai là avec les morales. Allez, sourire sur les visages et joie dans les cœurs! Le 26 décembre, pour savourer cette éblouissante journée qu’est le Boxing Day, j’éviterai simplement le match d’United (à Stoke). Histoire de rester réveillé et d’être en pleine forme pour suivre notamment un Liverpool-Leicester de derrière les fagots. 

Voilà, c’est tout pour cette année. Je vous souhaite de joyeuses Fêtes, mes chères petites crèmes d’amour, et vous retrouve à la mi-janvier.

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