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L’Etat se soucie du Mormont

Le Gouvernement vaudois propose un contre-projet à l’initiative pour «sauver» le site

En mars 2021, la police intervenait sur la colline du Mormont pour y déloger les zadistes. © Keystone-archives
En mars 2021, la police intervenait sur la colline du Mormont pour y déloger les zadistes. © Keystone-archives

Grégoire Silacci

Publié le 15.07.2023

Temps de lecture estimé : 3 minutes

Environnement » Le Conseil d’Etat vaudois propose un contre-projet à l’initiative «Sauvons le Mormont». Il souhaite sauvegarder la célèbre colline, près d’Eclépens, dans le cadre de la Loi sur la protection du patrimoine naturel et paysager (LPrPNP), et non pas via la Constitution vaudoise comme le réclament les initiants. Il s’agirait ainsi de doter cette loi d’une nouvelle section, à l’instar de ce qui existe déjà pour la Venoge, a expliqué vendredi le Conseil d’Etat.

Cette protection ne remettrait pas en cause l’extension de la carrière du cimentier Holcim, validée en début d’année par le Tribunal fédéral. En revanche, le secteur Fontaine (le seul qui pourrait encore être exploité) et la zone sommitale (déjà protégée) ne pourraient plus être utilisés pour des activités extractives, affirme le Gouvernement vaudois.

Economie circulaire

Pour justifier son contre-projet, le gouvernement remarque aussi que certaines formulations de l’initiative contiennent «des imprécisions» qui pourraient rendre complexe sa mise en œuvre. Le périmètre du site du Mormont est, par exemple, «insuffisamment défini».

Le contre-projet devrait s’articuler autour d’un deuxième volet, à savoir l’économie circulaire des matériaux. Le Conseil d’Etat propose d’ajouter un article dans la Constitution vaudoise, ce qui permettrait de créer «les conditions-cadres favorisant la réutilisation et le recyclage des matériaux de construction», relève-t-il.

Afin d’élaborer ce contre-projet, le Conseil d’Etat demande au Grand Conseil de bénéficier d’une année supplémentaire pour traiter l’initiative «Sauvons le Mormont».

«Bon début» pour les Verts

Les Verts vaudois, à l’origine notamment du texte, ont réagi en soulignant que la protection dans la loi «est moins garantie qu’avec une inscription dans la Constitution». Dans leur communiqué, ils parlent néanmoins d’un «bon début». Ils ajoutent qu’ils veilleront à ce que le Mormont «bénéficie d’une réelle protection, et que cette dernière ne puisse pas être remise en doute par la suite par les opposants à sa protection».

Sur le second aspect du contre-projet, le parti dit se «réjouir» de la volonté du Conseil d’Etat «d’élargir le concept de réutilisation du béton à une économie circulaire au sens plus large concernant les matériaux». Pour les Verts, le traitement d’une année doit permettre au Conseil d’Etat «de concevoir et mettre en œuvre un projet ambitieux».

Colline devenue célèbre

Outre les Verts, l’initiative a été portée par le Parti socialiste, Solidarités, Décroissances alternatives, le POP, les Jeunes Verts, la Jeunesse socialiste vaudoise, l’Association pour la Sauvegarde du Mormont et Pro Natura Vaud. Elle avait abouti en juillet 2022 avec 13 175 signatures.

Le Mormont, qui surplombe les villages vaudois d’Eclépens et de La Sarraz, est utilisé depuis les années 1950 comme carrière par Holcim. Le site a été rongé par les extensions successives de cette exploitation de la cimenterie.

La colline est devenue célèbre, bien au-delà des frontières vaudoises, lorsqu’elle a été occupée par la première Zone à défendre (ZAD) de Suisse, entre octobre 2020 et mars 2021. L’initiative «Sauvons le Mormont» avait été lancée quelques mois plus tard. ATS

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