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La Coupe était trop pleine

Haute-Gruyère n’a rien pu faire face à l’ogre Yverdon samedi à Bulle

Le gardien Loïc Bozier et Haute-Gruyère ont pu mesurer l'écart qui les sépare d'une équipe de Super League coomme Yverdon.
Le gardien Loïc Bozier et Haute-Gruyère ont pu mesurer l'écart qui les sépare d'une équipe de Super League coomme Yverdon.

Pascal Dupasquier

Publié le 20.08.2023

Temps de lecture estimé : 6 minutes

Coupe de Suisse» Non, le miracle du petit sublimé par la compétition qui piège le grand ne s’est pas produit. Samedi à Bouleyres, Haute-Gruyère n’a pas créé la surprise en éliminant Yverdon au premier tour de la Coupe de Suisse. Entre le Petit Poucet de 2e ligue et le néopromu de Super League, le fossé était tout bonnement trop grand: la victoire 9-0 des Vaudois en est la preuve mathématique… Simple, basique, comme le chanterait Orelsan.

La magie de la Coupe? Elle n’aura, hélas, pas duré longtemps. Vainqueur de la dernière Coupe fribourgeoise (ce qui lui a valu sa place parmi les 64 qualifiés), Haute-Gruyère n’aura en effet tenu que 4 minutes 28 avant de concéder le 0-1. Un but plutôt malheureux, sous forme d’une passe en retrait mal ajustée et récupérée par le malin Mahious, lequel, d’un dribble futé, n’a eu plus qu’à se jouer du portier Bozier. «On aurait bien aimé tenir le 0-0 plus longtemps, malheureusement, il y a cette passe en retrait qui offre le 1-0 à Yverdon», analyse l’entraîneur de Haute-Gruyère Marco Galhardo qui, à l’heure du 6-0 de la mi-temps, a essayé de décrisper ses joueurs dans le vestiaire: «J’ai demandé de réduire le compteur, de commettre moins d’erreurs, ce que l’on a réussi à faire, puisqu’on n’a pas repris de nouveaux buts avant la 80e minute. Ensuite, avec la fatigue, la fin a été plus difficile», concède-t-il. 

Le nez parfois à la fenêtre

Mais retour à ce 0-1, à cette ouverture de la marque prématurée qui, hélas encore, a laissé augurer ce qui attendrait le pensionnaire de 2e ligue sur le grand terrain de Bouleyres étouffé par la chaleur: un cavalier seul d’Yverdon, lequel mènera 6-0 à la pause, avant de lever le pied pour finalement l’emporter 9-0. «Nous étions concentrés, surtout en 1re mi-temps où nous avions envie de réagir après notre défaite (6-1, ndlr) contre Lugano. Nous voulions montrer de la qualité et du jeu pour nous rassurer», confie pour sa part Marco Schällibaum, un coach yverdonnois qui, en professionnel soucieux, avait pris son lundi soir pour assister au match amical du FC Haute-Gruyère contre Châtel II au Lussy. «C’est mon travail de savoir contre qui on joue. C’est aussi par respect pour le FC Haute-Gruyère», sourit le technicien vaudois. 

 

«Des expériences pareilles, cela donne envie d’en revivre»
Marco Galhardo

S’il a logiquement subi l’outrageuse domination de son hôte, Haute-Gruyère a néanmoins réussi à mettre parfois le nez à la fenêtre, par son attaquant Moctar Diahaby notamment. Le numéro 9 aurait pu devenir le héros de la journée s’il avait réussi l’exploit de transformer les deux occasions qui se sont offertes à lui aux 43e et 51e minutes de jeu: la première aux 16 mètres où il aurait pu, peut-être, s’avancer avant de tirer un peu trop mollement, et la deuxième, plus difficile, où son envoi excentré à la suite d’une mauvaise sortie du gardien Breza n’a pas fait mouche non plus. «En tant qu’attaquant, j’essaie de sentir les coups et c’est vrai que, sur la première occasion, je peux presque m’avancer. Mais ça va tellement vite que c’est difficile de rester lucide», plaide Moctar Diahaby.
Même constat pour Loïc Bozier, le gardien haut-gruérien qui a eu du boulot plein les bras… Mais ça, il s’y attendait: «Sur chacun de ces neuf buts, j’ai appris quelque chose. Peut-être que, sur certains, j’aurais pu faire un peu mieux, sortir un peu plus vite, mais je ne suis pas traumatisé», assure-t-il. Le sourire qui illumine son visage en est la preuve: «C’est la première fois de ma carrière que je vais chercher neuf fois la balle au fond des filets, réfléchit-il. Je savais que ce serait dur, mais l’expérience a été incroyable. En étant amateur, à 22 ans, je n’aurais jamais pensé avoir la chance de jouer un match comme ça.» 

Coup par coup

Coup de blues

Un soleil radieux, un stade joliment garni, un kop de supporters yverdonnois n’ayant de cesse de chanter à la gloire de ses protégés pour mettre une ambiance positive à Bouleyres: bien que déséquilibré, ce 32e de finale aura quand même dégagé un joli parfum de Coupe samedi à Bulle. Voilà de quoi atténuer les regrets du FC Haute-Gruyère de n’avoir pu vivre sa première historique en Coupe de Suisse dans son stade des Auges à Grandvillard. Sur une pelouse aux dimensions réduites et de moins bonne qualité, le Petit Poucet de 2e ligue aurait certainement pu apporter un peu plus de piment aux débats. Les normes de sécurité exigées par l’ASF et la police l’en ont empêché.

Coup de Projo

Malgré le 9-0 essuyé par son équipe, Léonard Jaquet avait le sourire. Le coprésident du FC Haute-Gruyère était soulagé que, sur le plan de l’organisation, tout se soit bien déroulé. «Le sentiment général est bon et les supporters sont contents, glisse-t-il. J’ai également beaucoup de respect pour Yverdon. Ils ont joué le jeu, mais ne nous ont pas humiliés. Ils auraient pu, mais ils ne l’ont pas fait…» Sur le plan comptable, le bilan devrait, là aussi, être positif en dépit des coûts pour la sécurité avoisinant les 12 000 francs. «Il a été couvert par la vente des ballons de match, on en a fait plus de cent. Et avec les 752 entrées payantes, on devrait dégager un petit bénéfice.» PAD

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