La Liberté

01.12.2020

Plus de 230 millions de personnes en besoin humanitaire en 2021

La pandémie liée au coronavirus a augmenté les défis humanitaires dans des pays comme la Syrie (archives). © KEYSTONE/EPA/YOUSSEF BADAWI
La pandémie liée au coronavirus a augmenté les défis humanitaires dans des pays comme la Syrie (archives). © KEYSTONE/EPA/YOUSSEF BADAWI
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01.12.2020

Un total de 235 millions de personnes dans le monde auront besoin d'une assistance humanitaire en 2021, en augmentation de 40% en raison surtout de la pandémie. L'ONU et ses partenaires veulent 35 milliards de dollars pour aider les 160 millions les plus affectés.

"Les enveloppes d'aide humanitaire font face à des coupes terribles alors que l'impact de la pandémie mondiale continue de se détériorer", a déclaré le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. Il a appelé les différents acteurs à la solidarité alors que le plan de réponse de l'ONU et de ses partenaires a été lancé mardi à Genève.

Au total, 34 dispositifs pour 56 pays sont prévus. L'augmentation du nombre de personnes qui auront besoin d'une assistance humanitaire est "presque entièrement liée" au coronavirus, a affirmé à la presse le chef des affaires humanitaires de l'ONU Mark Lowcock.

"C'est la situation humanitaire la plus triste et la plus sombre" depuis le début des appels lancés chaque année par l'ONU, a-t-il dit. Même si les Etats membres sont confrontés à de nombreux défis économiques, il les appelle à étendre leur soutien.

Syrie ou encore Yémen

Les personnes déjà affectées ont été confrontées avec le coronavirus à des augmentations de prix alimentaires, à des revenus en baisse ou encore à des campagnes de vaccination interrompues. La pauvreté extrême s'est étendue pour la première fois en près de 25 ans et la famine menace plusieurs pays, notamment le Yémen et le Burkina Faso. La situation "la plus alarmante", selon M. Lowcock.

Le coronavirus "a fait basculer des millions de personnes dans la pauvreté et a fait exploser les besoins humanitaires", affirme le sous-secrétaire général. Il s'inquiète également de l'augmentation des violences contre les femmes pendant la pandémie.

Autre problème, le changement climatique a "un énorme impact". Huit des dix pays les plus vulnérables sur cette question sont également des Etats où la présence des humanitaires est importante. Les conflits et les désastres ont provoqué aussi un record de déplacements dans le monde.

Aux situations déjà observées sont venus s'ajouter les récents affrontements, notamment au Haut-Karabakh. La Syrie va rester largement en première place des besoins, avec environ 2 millions de personnes supplémentaires qui auront des besoins humanitaires, devant le Yémen et la République démocratique du Congo (RDC).

Des conflits où la situation "est aussi mauvaise qu'il y a un an", dit M. Lowcock. "Si nous arrivons à éviter un problème important en 2021, ce sera déjà un succès significatif", ajoute-t-il.

Anticipation au Bangladesh

Cette année, seule la moitié des fonds demandés ont été versés, même si l'enveloppe n'a jamais été aussi importante avec l'équivalent de 15,4 milliards de francs. L'écart entre ce qui avait été demandé et ce qui a été reçu atteint également une importance jamais observée.

L'année dernière, M. Lowcock avait appelé à un changement d'approche pour anticiper davantage les crises et les désastres, avant que le coronavirus ne soit identifié en Chine. "Les organisations humanitaires ont démarré leurs réponses avant même le premier cas" dans les autres pays, fait-il remarquer.

Au Bangladesh, une assistance en liquide auprès de dizaines de milliers de personnes a permis d'éviter des conséquences qui auraient coûté beaucoup plus cher. Cette anticipation est "de plus en plus" appliquée, insiste M. Lowock.

Il souhaite encore que cette approche soit poursuivie dans les prochaines années. L'ONU et ses partenaires ont aidé cette année un record de 7 personnes sur 10 parmi celles qu'ils voulaient assister.

ats

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