La Liberté

Vers une rénovation de la patinoire

Le nouveau projet prévoit de remodeler l’actuelle patinoire de Saint-Léonard, pour lui permettre d’accueillir quelque 8500 spectateurs. © Vincent Murith-a
Le nouveau projet prévoit de remodeler l’actuelle patinoire de Saint-Léonard, pour lui permettre d’accueillir quelque 8500 spectateurs. © Vincent Murith-a
11.09.2015

Fribourg • Après avoir envisagé de bâtir une nouvelle enceinte, Fribourg-Gottéron songe à présent à rénover l’actuelle BCF-Arena. Le projet devrait être présenté par le club en octobre. Explications.

François Mauron

Le dossier de la nouvelle patinoire de Saint-Léonard ressemble de plus en plus à un serpent de mer. Cela fait bien cinq ans qu’il est sur la table des responsables de Fribourg-Gottéron et des autorités politiques du cru, mais aucune solution tangible ne sort du chapeau. Au contraire, esquisses et desseins contrariés se succèdent dans une joyeuse confusion, au point qu’on en vient à douter que le projet se concrétise un jour.

Le dernier rebondissement est spectaculaire. Alors que, depuis deux bonnes années, les acteurs concernés planchent sur un scénario prévoyant l’édification d’une nouvelle enceinte à l’emplacement de l’actuelle deuxième piste de glace, qui serait démontée pour l’occasion, voici qu’ils changent leur fusil d’épaule. Selon les informations de «La Liberté», les dirigeants du club de hockey ont abandonné cette option au profit d’une rénovation de l’actuelle BCF-Arena, la «P82», comme on l’appelle, puisque le bâtiment a été inauguré en 1982.

Ce revirement est confirmé par plusieurs sources, qui s’expriment toutefois toutes sous couvert d’anonymat. Officiellement, autant du côté de Fribourg-Gottéron et de sa «task force» mise en place pour faire avancer le dossier, que de celui de la ville et du canton de Fribourg ou de l’entreprise Losinger Marazzi - pressentie pour réaliser l’ouvrage -, les renseignements à ce sujet tiennent en trois mots: pas de commentaire.

Le dossier de la nouvelle patinoire a connu bien des avatars ces cinq dernières années. Il a longtemps été porté par le promoteur fribourgeois Pascal Kuenlin, qui a esquissé différents schémas. Mais c’est finalement la société Losinger Marazzi qui lui brûle la politesse, avec un concept utilisant l’espace où est située l’actuelle patinoire d’entraînement. Les dirigeants de Fribourg-Gottéron sont sous le charme - le président de l’époque Charles Phillot en tête -, et optent pour cette proposition.

Enormes tensions

La ville de Fribourg, propriétaire du terrain, suit les desiderata du Dragon. La commune martèle toutefois ce message: ce n’est pas aux collectivités publiques de financer des infrastructures sportives professionnelles. Soucieuse en revanche d’en faciliter la réalisation, elle garantit un soutien de 5 millions de francs, auxquels s’ajoute le droit de superficie du sol, d’une valeur estimée à 10 millions de francs. De son côté, le canton promet un subventionnement de 15 millions de francs.

Le projet de Losinger Marazzi prévoit une enceinte de 8500 places (à deux tiers assises), des loges, des restaurants, des locaux administratifs. Son prix est estimé à 100 millions de francs, dont 60 millions pour la patinoire proprement dite. Il serait financé par un investisseur privé, qui louerait les infrastructures au club. Ce dernier élément, qui semble avoir été négligé dans un premier temps, déclenche bientôt une crise. Le prix de location demandé - il se monterait à 2 millions de francs par an - est jugé prohibitif, en particulier par les sponsors de Gottéron. La situation crée d’énormes tensions, qui font partie des causes de la démission de Charles Phillot de la présidence en automne dernier.

C’est à la suite de cet épisode qu’est créée la «task force», qui réunit Albert Michel, président du conseil d’administration de la Banque cantonale de Fribourg, Gaston Baudet, un ancien président de Gottéron, et Claude Gremion, directeur Conseils et stratégie de Groupe E. Son ambition: financer le projet grâce à des partenaires du cru - par exemple en formant une société immobilière ad hoc -, plutôt que par de l’argent extracantonal.

Une question de loyer

Dans l’optique de la «task force», le club ne devrait pas verser un loyer annuel dépassant 200 000 francs - à titre indicatif, il paie actuellement à la ville de Fribourg un montant de 170 000 francs pour l’usage des deux pistes de glace. Ce dessein explicite le repli du club sur un projet de rénovation de la «P82» (évoqué en son temps), moins onéreux que la construction d’un nouvel édifice. Surélevée et réaménagée, la patinoire aurait la capacité d’accueillir 8500 spectateurs - un objectif qui demeure inchangé.

Or cette opération coûterait sans doute moins de 50 millions de francs. Elle pourrait être menée par des entreprises fribourgeoises actives dans le bâtiment. Reste à voir si la société Losinger Marazzi serait partie prenante du projet. A noter que les travaux devraient pouvoir être menés sans perturber l’organisation des matches dans la BCF-Arena. La nouvelle enceinte serait inaugurée au plus tard en 2019.

Encore des inconnues

Autre avantage de ce scénario: il épargne la seconde piste de glace, construite il y a cinq ans seulement. Cela dit, il subsiste bien des inconnues. Ne serait-ce que le plan d’aménagement du site, qui doit être paraphé par la commune voisine, Granges-Paccot. Or cette dernière fait pour l’instant la sourde oreille. «C’est un secteur particulier, qui nécessite une coordination du stationnement et du trafic, très dense. La solution retenue devra satisfaire toutes les parties», indique à ce propos René Schneuwly, syndic de Granges-Paccot.

Le dossier de la nouvelle patinoire semble néanmoins progresser. Michel Volet, le président de Gottéron, a ainsi annoncé mercredi sur les ondes de RadioFR que ses contours seraient dévoilés dans la première quinzaine d’octobre.

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